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Paris, capitale de l'épouvante dans Les Poupées du Diable

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Notamment célèbre pour Freaks (La monstrueuse parade) dans lequel une trapéziste qui joue les femmes fatales finit par inspirer la vengeance d’une cohorte de monstres de cirque, Tod Browning est aussi l’auteur des poupées du diable (The devil-doll), un classique du cinéma fantastique qui se déroule à Paris. C’est l’histoire d’un homme (Lionel Barrymore) victime d’une erreur judiciaire, qui s’évade après 17 ans de bagne en Guyane. Réfugié chez son compagnon d’évasion, il comprend que celui-ci est un savant très spécial, qui miniaturise les êtres vivants. Il a une idée en tête : si les gens sont plus petits, la planète sera plus grande pour eux, et les nourrira mieux. Mais la réduction transforme les êtres en poupées qui, ayant perdu toute autonomie de la volonté, obéissent aveuglément à leur maître !

A la mort du savant, l’autre évadé n’a plus qu’une obsession : celle de s’installer à Paris et d’utiliser ces jouets étranges pour se venger des cupides financiers qui sont à l’origine de sa condamnation. Tout en poursuivant sa vengeance, il retrouve sa fille, dont il est décidé à faire le bonheur et la fortune, sans qu’elle le reconnaisse. Celle-ci est incarnée par la belle Maureen O’Sullivan, la mère de Mia Farrow, plus connue pour son interprétation de Jane, la compagne de Tarzan. Pour protéger son incognito, l’évadé se déguise en vieille dame, un travestissement que la censure de l’époque, très vétilleuse, n’aurait pas laissé passer s’il ne s’était agi d’une histoire fantastique totalement invraisemblable. Le film est entièrement tourné en studio à Hollywood, mais un détail lui donne une touche très amusante de parisianisme revu par les américains : chaque fois que les personnages du film ont un secret à se dire, ils montent au sommet de la Tour Eiffel (où il se retrouvent tout seuls !) pour parler sans être entendus. Mais ce sont bien sur les effets spéciaux, très réussis pour l’époque, qui font tout le charme de ce film qui ne ressemble à aucun autre et qui se doit de figurer au programme de toute cinémathèque qui se respecte. Outre Tod Browning, le scénario porte la patte de deux autres génies de l’étrange : Guy Endore, connu pour ses histoires de loups-garous, et le prolifique Eric Von Stroheim qui, après avoir rendu sa copie, embarqua pour Paris ou l’attendait Jean Renoir pour qui il joue le rôle mythique de l’officier Allemand dans La grande Illusion… 

Par Antoine Sire

Publié le Dimanche 12 juillet 2015.
Beatrice Billon
Tod Browning, Lionel Barrymore, Film culte, Culte, épouvante, Cinéma, Paris, Les poupées du diable, La monstrueuse parade, Freaks, Maureen O'Sullivan, Mia Farrow, film tourné à Paris, Hollywood, tour Eiffel, Guy Endore, Eric Von Stroheim, Jean Renoir
Le film
Affiche Poupees

LES POUPÉES DU DIABLE

de Tod Browning

1936

Avec : Lionel Barrymore, Maureen O’Sullivan, Frank Lawton, Rafaela Ottiano

Scénariste : Tod Browning, Guy Endore, Eric von Stroheim

Distribution : MGM

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