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Noiret et Lhermitte, deux Ripoux dans le 18ème arrondissement

  • Les Ripoux 590

En 1985, pour beaucoup d'observateurs, le favori des César est L'amour à mort, d'Alain Resnais, avec Pierre Arditi, Sabine Azema et Fanny Ardant.
Mais c'est une comédie, Les Ripoux de Claude Zidi, qui décroche la récompense.

Il faut dire que ce film aux dialogues brillants, s'il est d'abord destiné à faire rire, pointe du doigt l'un des maux de toutes les polices du monde : la corruption. Il le fait, non pas en dénonçant les flics véreux, mais en présentant deux d'entre eux comme des braves gens ordinaires qui se débrouillent comme ils peuvent, en prélevant leur dîme sur un système encore plus mauvais qu'eux !

Le premier de ces deux « ripoux » sympathiques est incarné par Philippe Noiret, vieil inspecteur truculent et chiffonné, vivant avec une péripatéticienne sur le retour (Régine), ne jurant que par les petits bistrots et les courses de chevaux.
Le second est Thierry Lhermitte, en jeune flic provincial au costume impeccable dont les principes seront battus en brèche lorsque son collègue le jettera dans les bras de la jolie call-girl Natacha (Grace de Capitani).

L'un des éléments remarquables de ce film est sa mise en scène du 18ème arrondissement de Paris, y compris les environs du métro Barbès-Rochechouart, qui furent jadis au cœur d'un monument du cinéma français, Les Portes de la nuit de Carné et Prévert.

« C'est le Paris que j'ai connu tout de suite après la guerre. Paris avec son pavé mouillé, Paris à la Léo Malet, à la Marcel Aymé »

C'est ce que déclarera Philippe Noiret à propos du quartier, pourtant filmé avec son animation de 1984, qui apparaît dans Les Ripoux.

Parmi les libertés que le flic incarné par Noiret prend avec le règlement, celle de se faire « offrir » l'addition par le patron de son bistrot préféré, en échange d'une protection qui tient plutôt du racket.
C'est le bistrot La Renaissance, à l'angle de la rue Championnet et de la rue du Poteau, qui sert de cadre à ces séquences, inaugurant pour cet établissement une prolifique carrière en tant que décor de cinéma, qui se poursuivra jusqu'à Inglorious Basterds, de Quentin Tarantino.

Mais le film tient d'abord par les acteurs, avec d'attachants seconds rôles comme Ticky Holgado ou l'étonnant Michel Cremades en voleur de sacs à main, mais aussi et surtout par l'alchimie exceptionnelle entre les deux vedettes, dont l'amitié nouée pendant ce tournage durera 30 ans et débouchera sur deux autres épisodes des Ripoux.

A propos de Noiret, le co-auteur Simon Michaël déclarait récemment à la revue Schnock :

« Sur Les Ripoux, il est devenu le personnage dès qu'il est sorti de la caravane la première fois. Je le vois descendre avec des marronnasses, alors qu'il ne portait normalement que des chaussures sur mesure de chez Lobb... Mais là, le bénard était pas repassé, il avait son pull châle avec ses gros boutons... c'était vraiment le vieux flic de ces années-là... »
Publié le Mercredi 8 juin 2016.
Aurelie Bareaud
Le film
Les Ripoux

Les Ripoux

de Claude Zidi

1984

Avec : Philippe Noiret, Thierry Lhermitte, Régine, Grace de Capitani

Scénariste : Didier Kaminka, Claude Zidi

Producteur : Pierre Gauchet

Distribution : AMLF

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