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De Funès et Bourvil dans le Paris occupé de La Grande Vadrouille

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Un avion Anglais, dont les occupants croyaient arriver à Calais, est abattu au dessus de Paris par les Allemands et La Grande Vadrouille commence. Derrière les parachutes des aviateurs, une capitale déjà jalonnée de tours des années 1960, mais à l’époque les DVD n’existent pas et personne ne le remarque.

Trois anglais échappent aux occupants : l’un atterrit dans le bassin des phoques du zoo de Vincennes, un autre vient perturber Bourvil, peintre en bâtiment près d’un hôtel particulier réquisitionné par les allemands. Un troisième débarque à l’Opéra de Paris, où Louis de Funès, irascible chef d’orchestre, répète La Damnation de Faust en s’exclamant "Je ne veux que Berlioz et moi". Chose rare, les scènes montrant l’Opéra ont été tournées en décor naturel, grâce au double parrainage d’André Malraux, alors Ministre de la Culture, et du grand compositeur Georges Auric, auteur de la Bande Originale de La Grande Vadrouille. Les trois principaux protagonistes de l’histoire, les deux ange-gardiens français et le chef des Anglais (incarné par le célèbre acteur aux dents écartées Terry Thomas, cousin catastrophique de Roger Moore dans Amicalement Votre) se retrouvent pour une scène aux quiproquos désopilants tournée dans le hammam de la Grande Mosquée de Paris.

Dans la première version de l’histoire écrite par Oury, la place de Bourvil et de Funes était tenue par... des jumelles. Après avoir triomphalement réuni les deux acteurs en 1964 dans Le Corniaud, Gérard Oury s’attaque à un morceau autrement délicat en évoquant, vingt ans après la guerre, l’Occupation sur un mode humoristique et même « Feel Good ». Quel contraste avec l’amère Traversée de Paris, de Claude Autant-Lara (1956), où de Funès incarnait le sinistre Jambier, profiteur sans scrupules ! Cette fois, les colères du petit homme ne l’empêchent pas de se retrouver, même si c’est malgré lui, du bon côté de la barrière en participant au sauvetage des aviateurs anglais.

Comme pour Le Corniaud, le scénario est co-signé du pionnier de la télévision et auteur de nombreux livres historiques Marcel Jullian. La Grande Vadrouille resta pendant plus de 30 ans le plus grand succès en salles de tout le cinéma Français !

La seconde partie du film voit les fuyards quitter la capitale, poursuivant la fameuse vadrouille à travers la Bourgogne pour rejoindre la zone libre. Mais c’est bien à Paris qu’intervient l’une des scènes les plus étonnantes. C’est l’évasion des héros par la Grange Batelière, cours d’eau souterrain qui passerait, si l’on en croit le scénario, sous l’Opéra. En réalité, il n’y a sous la mythique salle de spectacle qu’une sorte de lac artificiel, ou plutôt une cave de 2500 m2 formant une cuve remplie d’eau, créée par l’architecte Charles Garnier pour équilibrer les masses du bâtiment. La Grange Batelière passe à une centaine de mètres de là, sous les grands magasins du Printemps. La rivière du film, totalement fantaisiste, fut créée de toutes pièces aux studios de Boulogne !

A noter, vous pouvez également retrouver une autre adresse du film, le fameux Théâtre de Guignol, toujours en activité, ICI

Par Antoine Sire

Publié le Mercredi 3 février 2016.
Beatrice Billon
Le film
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LA GRANDE VADROUILLE

de Gérard Oury

1969

Avec : Bourvil, Louis De Funès, Terry Thomas, Marie Dubois, Andréa Parisy, Claudio Brook, Mike Marshall

Scénariste : Gérard Oury, Danièle Thompson, Marcel Jullian

Producteur : Robert Dorfmann

Distribution : StudioCanal

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