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Belmondo, sympathique voyou parisien dans L'Incorrigible

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"Cinq heures d'avion, six heures de chameau, huit heures de train, j'arrive d'Addis-Abeba !" ; "Le chauffage a lâché, tout lâchera et ce sera la fin"; "Faut s'emmerder, Victor, si on veut faire durer le temps" : pas besoin d'être un cinéphile pointu pour reconnaître le style de Michel Audiard dans les dialogues de L'Incorrigible. Cet Incorrigible, c'est naturellement Belmondo, au sommet de sa forme, dans le rôle d'un voyou sympathique et flamboyant. Portant des costumes échappés de Borsalino, aussi peu repenti que le suggère le titre du film, il est bientôt embarqué dans un jeu de chat et de souris sentimental avec une déléguée d'assistante post-pénale, incarnée par la québécoise Geneviève Bujold, délicieuse et moins naïve qu'il n'y paraît. Bébel ne fait pas dans la dentelle métaphysique, mais entouré de quelques bons seconds rôles dont le bourru Julien Guiomar, le gouailleur Charles Gérard et la distinguée Capucine, il donne à ce divertissement sans prétention un rythme échevelé. C'est le cinquième des six films avec Belmondo dirigés par de Broca, une série qui a débuté avec Cartouche en 1962 et s'est achevée avec Amazone en 2000 ! Le film se déroule pour l'essentiel à Paris, sa banlieue et dans la ville médiévale de Senlis. Belmondo se signale notamment par des frasques automobiles inimaginables aujourd'hui dans la capitale : il demande à un policier en faction de surveiller sa voiture stationnée en double file devant le Palais de justice (une rarissime Mercedes 300 SL qui vaut aujourd'hui plusieurs millions d'euros !), après avoir perpendiculairement garé sa Jaguar type E avenue George V, devant l'hôtel Prince de Galles. Le début du film voit Belmondo sortir de la Prison de la Santé, dans le 14ème arrondissement : la vraie cour de l'établissement (seule maison d'arrêt de la capitale intra muros) est visible, ce qui est rare au cinéma. On voit aussi le CNIT qui fut, dès 1958, le premier bâtiment construit à La Défense. Petite incohérence géographique : Julien Guiomar réside dans un terrain vague de Chatou, de l'Ouest Parisien. Or Geneviève Bujold y arrive par un autobus de la ligne 112 qui circule exclusivement à l'Est, ente la Place Gambetta dans le XXème arrondissement et Joinville le Pont, dans le Val de Marne !

Par Antoine Sire

Publié le Dimanche 30 août 2015.
Beatrice Billon
Cinéma, Paris, Jean-Paul Belmondo, l'incorrigible, Film culte, Michel Audiard, Lieu de tournage, film tourné à Paris, Capucine, Charles Gérard, Julien Guiomar, Geneviève Bujold, Cartouche, Philippe de Broca, Palais de justice, Avenue Georges V, Amazone, Place Gambetta, Chatou, Cnit, Hôtel Prince de Galles, Antoine Sire
Le film
Affiche Incorigible

L'INCORRIGIBLE

de Philippe de Broca

1975

Avec : Jean-Paul Belmondo, Geneviève Bujold, Charles Gérard, Daniel Ceccaldi, Capucine, Andréa Ferréol

Scénariste : Philippe de Broca et Michel Audiard d'après le roman Ah... mon pote ! d'Alex Varoux

Producteur : Georges Dancigers, Alexandre Mnouchkine

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