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Aux sources de la Nouvelle vague dans Paris nous appartient

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Né un 1er mars ! Paris fait son cinéma se devait de fêter dignement le 87ème anniversaire de Jacques Rivette, l'un des pères fondateurs de la Nouvelle vague, celui dont Truffaut disait : "Il était le plus cinéphile d'entre nous, son film montre qu'il est aussi le plus cinéaste". Son film ? C'est Paris nous appartient, dont le générique s'achève par un épigraphe qui dit exactement l'inverse de son titre : "Paris n'appartient à personne", phrase de Charles Péguy. L'origine du film remonte à 1953, année où Roberto Rossellini finança l'écriture de scénarios par de jeunes auteurs dont faisaient partie non seulement Jacques Rivette mais aussi François Truffaut, Claude Chabrol et Eric Rohmer. Les projets ne virent pas le jour, mais Rivette élargit la trame de La cité, le script qu'il avait préparé, pour réaliser, à l'été et à l'automne 1958, Paris nous appartient. Truffaut et Chabrol prêtèrent la main à leur ami Rivette pour achever le film, tandis que Godard apparaît dans un petit rôle, cigarette au bec et journal en main. Jacques Demy fait également une apparition et Jean Gruault, collaborateur de Rossellini, co-signe le scénario.

Inspiré par l'univers du film noir, ce film raconte l'enquête initiatique et tragique d'une jeune femme (Betty Schneider) pleine de candeur : "Je suis la fille qui n'a pas d'opinion". Cherchant une bande magnétique pour l'illustration sonore d'un spectacle de Shakespeare dont le metteur en scène est incarné par Gianni Esposito, elle entame un périple à travers Paris et découvre l'hypothétique existence d'un complot mondial. Parmi les personnages qu'elle croise - un économiste louche, un américain victime de la "chasse aux sorcières" communistes... -  certains pourraient être les coupables du complot, d'autres les victimes. Le film est un beau témoignage visuel sur le Paris de son époque, montrant certains quartiers qui n'ont pas eu souvent les faveur du cinéma, à commencer par l'arrivée par les voies de la gare d'Austerlitz, vue dès le générique. L'errance se poursuit place Saint-Sulpice (avec Jean-Claude Brialy), place Émile Goudeau à Montmartre (avec Gianni Esposito) ou encore à la station de métro Dupleix, en nocturne. Le pont des Arts (sans le moindre cadenas !) est également de la fête, comme le quartier de l'Étoile au petit matin, les boulevards des maréchaux ou les vieux bistrots avec leurs taxiphones ! La belle et inquiétante Françoise Prévost parcourt elle aussi cet étrange voyage initiatique où l'héroïne perdra ses amis et ses illusions. Betty Schneider, qui s'était fait connaître dans Mon Oncle de Tati et dont l'innocence un peu boudeuse illumine Paris nous appartient, disparut pratiquement du cinéma après ce film.

Par Antoine Sire

©photos : AJYM Film

Publié le Lundi 2 mars 2015.
Beatrice Billon
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Le film
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PARIS NOUS APPARTIENT

de Jacques Rivette

1960

Avec : Betty Schneider, Giani Esposito, Daniel Crohem, François Maistre, Jean-Claude Brialy, Paul Bisciglia, Malka Ribowska

Scénariste : Jean Gruault et Jacques Rivette

Producteur : François Truffaut et Claude Chabrol

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