Accueil > Les classiques > Audrey Hepburn, dactylo à Paris dans Deux têtes folles.

Audrey Hepburn, dactylo à Paris dans Deux têtes folles.

  • deux têtes folles 3
  • deux têtes folles 4
  • deux têtes folles 5
  • Deux têtes folles 2

George Axelrod, auteur du scénario de Diamants sur canapé, d’après Truman Capote, avait racheté les droits de La fête à Henriette, un film de Julien Duvivier montrant deux personnages mis dans des situations rocambolesques par les désaccords de deux scénaristes.

Dans le même temps, la Paramount s’aperçut qu’Audrey Hepburn et William Holden, dont le contrat avec le studio se terminait, lui devaient encore chacun un film.

Il n’en fallut pas plus pour donner naissance à Deux têtes folles, fantaisie de Richard Quine qui raconte l’histoire d’un scénariste, enfermé dans un splendide duplex avec vue sur la Tour Eiffel, à 48 heures de rendre un scénario dont il n’a pas encore écrit une ligne.
Débarque pour l'aider une adorable dactylo intérimaire : ils vont explorer ensemble les mille et une manières de ficeler une histoire en partant d’un titre improbable, « La fille qui vola la Tour Eiffel », mettant en scène les aventures et les amours de deux personnages qui leur ressemblent étrangement.
Au moment où on s’y attend le moins, ces élucubrations font intervenir Tony Curtis, policier déguisé en titi parisien...

Si les apparitions de Curtis sont les moments les plus drôles, c’est sans doute parce que ce film qui se voulait plein de charme et de fraîcheur fut tourné dans une ambiance sinistre.
Holden était toujours amoureux d’Audrey Hepburn qu’il avait côtoyée sur le tournage de Sabrina (mais qui entretemps était mariée à Mel Ferrer), et surtout il ne parvenait pas à se défaire d’un alcoolisme particulièrement sévère.
Il fallut même l’envoyer en clinique pendant le tournage, et comme la Paramount menaçait d’arrêter les frais, Richard Quine mobilisa quelques amis alors en Europe pour occuper l’équipe de tournage. D’ou l’intervention de Curtis, mais aussi celle de Noel Coward en caricature de producteur, ainsi qu’une furtive apparition de Marlène Dietrich.

Tourné en 1962, le film ne sortit en salles que deux ans plus tard. Censé se dérouler pendant les festivités du 14 juillet, il fut réalisé en extérieurs à Paris et aux Studios de Boulogne, sauf les scènes où Coward se pavane à Antibes.
Une jolie séquence montre « l’arrière-boutique » d’un plateau de cinéma, apparemment aux Studios de Saint-Maurice.
Le film comporte un décor de Guignol en commun avec Charade, dont Audrey Hepburn démarra le tournage deux jours après la fin de celui de Deux têtes folles : un souvenir nettement plus heureux pour l’actrice…

Par Antoine Sire

 

Publié le Mercredi 20 avril 2016.
Beatrice Billon
Cinéma, Antoine Sire, Paris, William Holden, Audrey Hepburn, Marlène Dietrich, Truman Capote, Adresse de tournage, Lieu de tournage, Deux têtes folles
Le film
Deux Tetes Folles Affiche

DEUX TÊTES FOLLES (Paris when it sizzles)

de Richard Quine

1964

Avec : Audrey Hepburn, William Holden, Noel Coward, Tony Curtis, Gregoire Aslan

Scénariste : George Axelrod d’après Julien Duvivier et Henri Jeanson

Producteur : George Axelrod et Richard Quine

Distribution : Paramount Pictures

Les derniers articles
10
Les Classiques Voir tous

1998 : Benigni vole la vedette à Theo Angelopoulos

Grand cinéaste qui mêlait dans de longues fresques contemplatives le passé des peuples, généralement balkaniques, et le présent de ses personnages, le...

O PULP FICTION CANNES 1994 Facebook
Les Classiques Voir tous

1994 : la révolution Tarantino déferle sur Cannes

Il y a des années où le Festival de Cannes fourmille de films attendus, et ou la Palme d’or revient pourtant à une oeuvre que personne n’espérait. C’e...

Sous Le Soleil De Satan 963728
Les Classiques Voir tous

1987 : Le poing levé de Maurice Pialat

En 1987, Maurice Pialat, grand metteur en scène au caractère notoirement difficile, va réussir par sa mauvaise humeur à transformer en scandale une