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1998 : Benigni vole la vedette à Theo Angelopoulos

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Grand cinéaste qui mêlait dans de longues fresques contemplatives le passé des peuples, généralement balkaniques, et le présent de ses personnages, le grec Theo Angelopoulos désespérait d’obtenir la Palme d’Or. Lorsque cela arriva enfin en 1998, Angelopoulos se fit quelque peu voler la vedette par Roberto Benigni, qui obtint le Grand Prix du Festival pour La vie est belle, une fable dans laquelle l’acteur-réalisateur italien incarne lui-même un père un peu fou qui fait tout pour que son fils vive le moins mal possible l’indicible tragédie des camps nazis.

Malgré la dureté de son sujet, Benigni s’est déjà fait remarquer sur la Croisette par sa façon de véhiculer à tout propos une joie de vivre communicative. Une grande partie de la crédibilité de son personnage sur un sujet aussi périlleux repose justement sur sa sincérité indiscutable. Le film est acclamé lors de la projection. Mais lorsque le palmarès est annoncé, c’est du délire. Martin Scorsese, très sérieux Président du jury, annonce le prix remporté par Benigni et celui-ci bondit comme un diable cherchant sa route, pour atterrir finalement sur scène où fait danser Isabelle Huppert, se prosterne aux pieds d’un Scorsese totalement médusé et embrasse sur la joue tous les jurés. Du jamais vu ! Finalement, Benigni s’exclame dans un français aussi délicieux qu’approximatif : « Mesdames et Messieurs, mon cœur est époustouflant ! J’ai pas les mots pour vous donner tout mon amour ! J’ai gagné cette Palme d’or ! ». Palme d’or qui... revient en fait à L’Eternité et un jour, un film que l’intellectuel Angelopoulos a voulu plus accessible que ses précédents, un film, en quelque sorte, taillé pour remporter la distinction suprême à Cannes. Mais c’est bien la carrière de La vie est belle, futur César et futur Oscar du Meilleur film étranger, qui a démarré avec ce grand moment de commedia dell’arte incarné au Palais des festivals par le bondissant artiste florentin !

 

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Publié le Dimanche 28 mai 2017.
Shoreh Belfond
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