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1981 : Consécration pour Andrzej Wajda, un cinéaste qui doit beaucoup à Cannes

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En 1981, le Festival a lieu alors que François Mitterrand vient d’être élu Président de la République et le journaliste Yves Mourousi, qui présente la soirée du Palmarès, doit accueillir un jeune ministre de la Culture qui lui est totalement inconnu, un certain Jack Lang.

En revanche, celui qui reçoit la Palme d’or des mains de l’invité d’honneur Sean Connery est loin d’être inconnu à Cannes. Il s’agit en effet d’Andrej Wajda, le grand cinéaste Polonais, pour son film L’homme de Fer, qui raconte l’histoire d’un agent infiltré de l’Etat qui finit par prendre sincèrement parti pour les grévistes des chantiers navals de Gdansk, dont le mouvement sera décisif dans la chute du rideau de fer soviétique. Les bobines, sous-titrées en secret avec l’aide du syndicat Solidarnosc, sont arrivées in extremis apportées par le distributeur Tony Molière. Pendant la projection, certaines ont été inversées et Wajda devra se rendre dans la cabine du projectionniste pour remettre les bobines dans l’ordre. On peut dire que la carrière du cinéaste polonais n’aurait jamais été la même sans le festival de Cannes.

Tout a commencé en 1957 avec Kanal, un film sublime qui raconte la fuite héroïque et totalement désespérée, à travers les égouts, d’un groupe de partisans piégés par les nazis pendant l’insurrection de Varsovie. Récompensé par le Prix du jury, ce film combine humanité et même tendresse avec des circonstances d’une noirceur étouffante. Il révèle un grand cinéaste qui s’imposera en vingt ans comme l’une des grandes consciences du peuple polonais. Sans mettre ouvertement en cause le grand frère soviétique, Kanal montre tout de même en creux le jeu trouble de Staline, qui se garda d’intervenir pendant que les nazis consommaient leurs munitions contre les rebelles de Varsovie. En 1978, un autre film de Wajda, L’homme de Marbre, arrive à Cannes où il obtiendra le Prix de la critique internationale à la barbe des autorités soviétiques. Tony Molière, déjà lui, a réussi à en montrer une copie au Délégué Général du Festival Gilles Jacob. Ce dernier communique avec Wajda via sa femme qui est francophone, et décide de présenter L’Homme de Marbre en l’absence du metteur en scène. Pour conserver le secret, Jacob a eu l'idée d'un film «surprise». Lors de la projection, le succès est immédiat. «Pour la première fois, un film européen a été analysé à la rubrique politique dans The New York Times», a souligné Gilles Jacob. En 1981, c’est encore la stratégie du film « Surprise » qui sera utilisée pour présenter L’homme de fer !

 

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Publié le Mercredi 24 mai 2017.
Shoreh Belfond
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