Accueil > Les classiques > 1980 : Stalker, projeté et récompensé à la barbe des soviétiques.

1980 : Stalker, projeté et récompensé à la barbe des soviétiques.

  • D13bf79db0562efb0741b6f5807888ef

Stalker, d’Andreï Tarkovski, est aujourd’hui considéré comme un film important de l’histoire du cinéma. Malgré sa longueur, malgré le peu d’action visible à l’écran, il est traversé par un suspense permanent, servi par une esthétique post-nucléaire qui évoque de manière évidente la déliquescence de l’Union Soviétique.

Le « Stalker » c’est un passeur qui emmène deux hommes dans une zone mystérieuse où la rumeur prétend qu’il existe une Chambre dans laquelle chacun peut obtenir la réalisation de ses souhaits les plus chers. L’errance des trois hommes nous montre un univers humide où la végétation et la rouille s'infiltrent partout, un monde verdoyant mais jonché de rails et de carcasses métalliques ou humaines, parcouru de bruits inquiétants...

Un film aux antipodes du politiquement correct soviétique, sur le fond comme sur la forme ! Les organisateurs du Festival de Cannes étaient parvenus à se procurer une copie et, comme il l’avait déjà fait en 1978 avec un film de Wajda, Gilles Jacob s’est contenté d’annoncer la projection d’un « film surprise », pour éviter que celui-ci ne puisse être saisi par un huissier sur ordre du représentant du cinéma Soviétique présent à Cannes, Oleg Rudnev. Découvrant Stalker pendant sa projection à dix heures du matin, Rudnev se rue sur la cabine de projection, qui a été prudemment cadenassée pour empêcher les soviétiques de récupérer les bobines avant la fin. Le soviétique se court alors dans le bureau de Gilles Jacob, qui proteste de sa bonne foi et l’emmène le plus doucement possible à l’Hôtel Carlton, où le Président du Festival Robert Favre Le Bret le reçoit en robe de chambre, lui proposant du café, des croissants et même de la Vodka. Le temps que se déroule ce petit ballet, la projection de Stalker, qui dure 2h43 tout de même, est terminée et les organisateurs rendent ses bobines à un Rudnev furieux. Stalker a été présenté hors compétition et d’ailleurs le cinéma soviétique n’obtiendra cette année-là aucun prix, mais tous les critiques du monde ont vu Stalker et on pu admirer ainsi ce nouveau coup de génie de l’auteur d’Andreï Roublev et de Solaris.

 

 ---------------------

Connaissez-vous La Box Fait Son Cinéma ? Découvrez-la ici

la box fait son cinema

Publié le Mercredi 24 mai 2017.
Shoreh Belfond
Les derniers articles
americain paris cinema 5
Les Classiques Voir tous

Gene Kelly et Leslie Caron dans la ville rêvée d'Un Américain à Paris

Arthur Freed, responsable des comédies musicales à la MGM, demanda un jour à Ira Gershwin l'autorisation de produire un film reprenant le titre « Un a...

10
Les Classiques Voir tous

1998 : Benigni vole la vedette à Theo Angelopoulos

Grand cinéaste qui mêlait dans de longues fresques contemplatives le passé des peuples, généralement balkaniques, et le présent de ses personnages, le...

O PULP FICTION CANNES 1994 Facebook
Les Classiques Voir tous

1994 : la révolution Tarantino déferle sur Cannes

Il y a des années où le Festival de Cannes fourmille de films attendus, et ou la Palme d’or revient pourtant à une oeuvre que personne n’espérait. C’e...