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Zazie dans le métro

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« Zazie, c’est vraiment l’ange qui vient annoncer la destruction de Babylone. J’aimerais que ce film dit comique (...) transmette à l’arrivée cette idée qu’il est difficile d’être un homme dans une ville occidentale en 1960 (...). Peut-être que, voyant le film, les Parisiens, épouvantés, s’enfuiront à la campagne. » Ainsi parlait Louis Malle de Zazie dans le métro, adapté d’une cruelle facétie de Raymond Queneau, qui devient un virevoltant pamphlet burlesque en passant à l’écran. Zazie (Catherine Demongeot) est une petite fille que sa mère, devenue veuve dans des conditions plus que troubles, confie à son oncle (Philippe Noiret) pendant qu’un fiancé de passage lui organise sa propre tournée des Grands-ducs. La petite fille rêve de visiter le métro, mais celui-ci est en grève. Alors quand, sur le chemin du retour sa mère lui demande ce qu’elle a fait, elle répond «J’ai vieilli». En fait, Zazie qui ne cesse de répéter des gros mots a, dans un climat chaplinesque, surtout échappé aux assiduités d’un satyre et entendu les adultes parler de leurs pratiques sexuelles dans un brouhaha auquel elle ne comprend pas tout. Lorsqu'elle fuit le satyre, ses pérégrinations dans Paris n’ont aucune logique géographique. Vue sur la formidable Passerelle de l’Arve, à Saint-Cloud, elle se retrouve l’instant suivant à la Galerie Vivienne et au passage du Grand Cerf, proches des Grands Boulevards : «Une poursuite imaginaire traitée comme un rêve», précisait le scénario. L’église Saint-Vincent de Paul, monument peu connu mais immanquable pour ceux qui se rendent à la Gare du Nord, est présenté comme «La Sainte chapelle». Les véhicules, avec en vedette la Simca 8 d’une veuve nymphomane et un autocar futuriste rempli de jolies norvégiennes, font de ce film un catalogue vivant de la locomotion parisienne dans les années 60. Si Paris est au coeur de Zazie, les intérieurs furent filmés aux studios de Joinville, et les encombrements dans des rues reconstituées à côté des pistes d’Orly. Une palissade couverte de publicités était installée chaque fois qu’un élément de décor naturel ne plaisait pas à Louis Malle ou à son coscénariste Jean-Paul Rappeneau, qui n’est bien sûr pas étranger au climat de douce folie du film !

Par Antoine Sire

 
Publié le Vendredi 29 mai 2015.
Beatrice Billon
antoine sire, Zazie, Philippe Noiret, Louis Malle
Le film
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ZAZIE DANS LE MÉTRO

de Louis Malle

1960

Avec : Catherine Demongeot, Philippe Noiret, Annie Fratellini, Carla Marlier, Jacques Dufilho, Hubert Deschamps

Scénariste : Jean-Paul Rappeneau et Louis Malle d'après le roman de Raymond Queneau

Distribution : Consortium Pathé

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