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Mastroianni et les supporters du foot italien dans Paris est toujours Paris

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En 1950, Luciano Emmer s’était fait remarquer avec Dimanche d’aout, un beau film qui racontait une journée de quelques italiens ordinaires sur la plage d’Ostie, près de Rome. En 1953, il recommence selon le même principe avec Paris est toujours Paris, mais cette fois ses personnages sont des supporters de football qui ont fait 24 heures de train depuis Rome pour venir soutenir leur équipe qui joue contre la France. L’attrait de la ville lumière et de ses cabarets va s’avérer supérieur à celui du ballon rond, à une époque où les italiens sortent rarement de chez eux. Parmi les touristes, un Mastroianni qui n’est pas encore au sommet de son charisme et crève moins l’écran que la magnifique Lucia Bose, dans le rôle de sa fiancée. Pas de match pour eux : ils arriveront après la clôture des portes alors que tout est complet, et passeront leur bref séjour parisien à se disputer. La grande vedette italienne de l’époque, Aldo Fabrizi, incarne un quinquagénaire qui rêve de découvrir le Paris coquin et en sera quitte pour un passage au poste de police. Franco Interlenghi joue un jeune homme qui va bien vite se détourner du football pour s’intéresser à une jeune marchande de journaux (Hélène Rémy). Leur histoire d’amour est l’un des meilleurs éléments de ce film décousu mais attachant, qui reste la seule incursion en terre parisienne du Néo-Réalisme italien, même si c’est une variante teintée de comédie que propose Luciano Emmer. Entièrement tourné en décors naturels, Paris est toujours Paris offre un extraordinaire témoignage visuel de cet après-guerre où la capitale et ses monuments couverts de suie offraient encore un triste visage. La photographie est signée d’Henri Alekan, l’un des plus grands chefs opérateurs de son temps. Face à la difficulté de trouver des acteurs français parlant italien, Emmer fit doubler ceux-ci par des italiens qui parlaient français, mais pas toujours très bien. Le résultat est surprenant lorsqu’ils s’expriment dans la langue de Molière avec un fort accent alors qu’ils sont censés être des parisiens bon teint ! Pas de problème pour Yves Montand, pourtant tout à fait italianophone : il est ici dans son propre rôle et n’apparaît ici que pour chanter en Français ses propres chansons, à commencer par Les feuilles mortes

Par Antoine Sire

 

Publié le Lundi 13 avril 2015.
Beatrice Billon
Antoine Sire, Cinéma, Paris, Luciano Emmer, Marcello Mastroianni, Yves Montand, Rome, Classiques, Aldo Fabrizi, Hélène Rémy, Décor de tournage, Décor du film, supporter, football, Film, Foot, match
Le film
Paris Affiche

PARIS EST TOUJOURS PARIS

de Luciano Emmer

1953

Avec : Aldo Fabrizi, Marcello Mastroianni, Lucia Bose, Yves Montand, Ave Ninchi, Franco Interlenghi, Hélène Remy, Henri Guisol, Henri Génès

Scénariste : Sergio Amidei, Luciano Emmer, Jean Ferry, Ennio Flaiano, Giulio Macchi, Francesco Rosi et Jacques Rémy

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