Accueil > Autour du cinéma > Les classiques > Louis Jouvet et Suzy Delair aux temps des Music Halls parisiens dans Lady Paname

Louis Jouvet et Suzy Delair aux temps des Music Halls parisiens dans Lady Paname

  • Lady Paname Paris Cinema
  • lady paname paris cinema 2
  • lady paname paris cinema 3

Née comme Danielle Darrieux en 1917, Suzy Delair est, du haut de ses 98 printemps, l’une des doyennes du cinéma Français. Celle qui s’était déjà illustrée en 1947 auprès de Louis Jouvet dans Quai des Orfèvres, s’impose à nouveau à ses côtés deux ans plus tard dans Lady Paname, évocation du Paris des années 1920, une période que de nombreux acteurs du film avaient eux-mêmes vécue. C’est toute une époque du music hall avec ses acrobates, ses danseuses légères et ses chansonniers qui est à l’honneur dans ce film entièrement tourné aux Studios de Boulogne.

Délicieusement espiègle et redoutablement intelligente dans un rôle de jeune artiste en pleine ascension, Suzy Delair ajoute à son talent d’actrice et de chanteuse un méritoire effort pour danser le Charleston. L’intrigue fort peu morale de Lady Paname aurait certainement eu de la peine à franchir la censure Hollywoodienne. Louis Jouvet, en vieux photographe immoraliste, n’a pas peur d’annoncer à sa femme (Jane Marken) que, par fidélité à ce qu’elle était dans leur jeunesse, elle devra désormais subir la présence au foyer d’une seconde compagne dont la beauté n’a d’égale que la fraîcheur. "Ah, ce que vous êtes chic, tout de même", lance la jeune maîtresse à l’épouse d’âge mûr, qui après avoir un peu marqué le coup semble tout à fait s’accommoder de la situation !

Mais la scène la plus marquante du film est sans doute celle où Suzy Delair se chamaille avec son compositeur (Henry Guisol) et, s’avouant son amour pour lui, se laisse embrasser par terre en lui lançant un très sensuel "N’en profite pas trop" qui laisse peu de doute quant à ce qui suivra... On retrouvera aussi, bon acteur autant qu’excellent chanteur, Raymond Souplex qui deviendra plus tard le Commissaire Bourrel, lointain ancêtre de Navarro au temps de la télévision en noir et blanc.

Ce bijou du cinéma populaire est signé d’Henri Jeanson, l’un des plus grands dialoguistes du cinéma Français, qui avait travaillé au Canard Enchaîné et était célèbre pour son anarchisme et son pacifisme. Lady Paname n’eut aucun succès et resta le seul film de Jeanson en tant que réalisateur. Pourtant, malgré un scénario un peu fouillis et un Jouvet qu’on a connu plus subtil, c’est un témoignage émouvant et drôle sur un Paris aujourd’hui oublié.

Par Antoine Sire

Publié le Lundi 8 février 2016.
Beatrice Billon
Le film
Affiche Lady Paname

LADY PANAME

de Henri Jeanson

1949

Avec : Suzy Delair, Louis Jouvet, Jane Marken, Raymond Souplex, Henri Guisol, Véra Norman, Germaine Montéro, Odette Laure

Scénariste : Henri Jeanson

Les derniers articles
pirates 1
Les Classiques Voir tous

Bette Davis, styliste à Paris dans Les Pirates de la Mode

Dix fois nommée aux Oscar et deux fois gagnante, célèbre pour des rôles où elle ne craignait pas de s'enlaidir, Bette Davis peut être raisonnablement ...

drole-de-fimousse-2-590x416-590x416
Les Classiques Voir tous

Audrey Hepburn illumine Paris dans Drôle de frimousse

Drôle de frimousse, ce n’est pas seulement l’histoire d’une petite libraire de Greenwich village qui devient mannequin vedette à Paris, incarnée par u...

americain paris cinema 5
Les Classiques Voir tous

Gene Kelly et Leslie Caron dans la ville rêvée d'Un Américain à Paris

Arthur Freed, responsable des comédies musicales à la MGM, demanda un jour à Ira Gershwin l'autorisation de produire un film reprenant le titre « Un a...