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Après New York et Londres, Jules Dassin filme Paris dans Du rififi chez les hommes

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Condamné à l'errance par la "chasse aux sorcières" rouges d'Hollywood, le cinéaste américain d'origine ukrainienne Jules Dassin se sera fait une spécialité de filmer des histoires mettant en scène des gangsters dans les grandes métropoles du monde. Après New York (La cité sans voiles, 1948), San Francisco (Les bas-fonds de Frisco, 1949), Londres (Les forbans de la nuit) et avant Istanbul (Topkapi, 1964), Dassin promène sa caméra à Paris en 1955 dans Du rififi chez les hommes, tiré d'un roman d'Auguste Le Breton, écrivain célèbre pour son maniement de l'argot du "milieu". De nombreux appartements parisiens sont reconstitués en studio par le grand décorateur Alexandre Trauner, pour raconter le retour de Tony le stéphanois, caïd fragilisé par la prison et la maladie qui prépare un casse dans une bijouterie, sous le regard d'un gang rival. Mais Du rififi chez les hommes comporte aussi de nombreuses images tournées en extérieurs entre la Concorde, le Boulevard des Italiens, la Place Vendôme et le Louvre, toujours sous la pluie ou la nuit, ce qui contribue à renforcer le climat sombre et en même temps réaliste du film. On retrouve aussi des vues inédites des quais de la Seine à Bir-Hakeim et à l'institut médico-légal, ainsi qu'à la station Port-Royal, à l'époque ou le RER B s'appelait encore la Ligne de Sceaux.

Peu de vedettes dans ce film noir mêlant les traditions française et américaine (même si Robert Hossein y apparaît tout jeune dans un second rôle), mais beaucoup d'acteurs de caractère à commencer par le belge Jean Servais, interprète de Tony le stéphanois, qui fait un peu penser à un Jean Gabin qui pendant quinze jours aurait arrêté de manger mais pas de boire. On trouve aussi Robert Manuel, étonnant en malfrat italien et la belle Magali Noël qui chante la chanson-titre du film, dotée de rimes savoureuses inspirées par l'argot parisien de l'époque : "Mon homme est un type à la coule, toute la sainte journée y s'les roule. Il a beaucoup d'philosophie, mais il aime trop le rififi. À peine un aut' gars m'fait du gringue qu'il pose la main sur son flingue. Redresse son galure et vas-y pour un p'tit coup de rififi". Enfin on ne manquera pas d'apercevoir au début du film, en joueur de cartes mécontent, Fernand Sardou, père de Michel, incontournable acteur de seconds rôles dans les années 1950, tandis que Dassin, père de Joe, qui s'est lui même mis en scène sous le pseudonyme de Perlo Vita. La musique est signée de Georges Auric, l'un des plus grands compositeurs français du XXème siècle.

Par Antoine Sire

Publié le Mercredi 17 juin 2015.
Beatrice Billon
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Le film
Affiche Rififi

DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES

de Jules Dassin

1955

Avec : Jean Servais, Carl Möhner, Robert Manuel, Jules Dassin, Marie Sabouret, Janine Darcey, Magali Noël

Scénariste : Jules Dassin, René Wheeler et Auguste Le Breton

Producteur : René Gaston Vuattoux

Distribution : Les Acacias

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