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1970 : M.A.S.H, une comédie primée à Cannes

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Qui a dit que la Palme d’Or ne devait revenir qu’à des drames ? En 1970, le jury présidé par l’écrivain Miguel Angel Asturias semblait d’humeur à rire. Tout naturellement, leur choix s’est ainsi porté sur M.A.S.H, quatrième long-métrage du cinéaste américain Robert Altman. Cette adaptation du roman autobiographique de Richard Hooker prenant pour cadre la guerre de Corée, raconte le quotidien de trois chirurgiens dépêchés pour soigner des soldats américains dans un hôpital mobile. Délurés, ces joyeux lurons vont semer une drôle de pagaille sur leur passage.

Avant de repartir avec la Palme d’Or, le film de Robert Altman dût surmonter un certain nombre de difficultés. Le scénariste Ringgold Wilmerr Lardner Jr., qui a acquis les droits du livre de Richard Hooker, a du mal à trouver un cinéaste qui pourrait porter le scénario à l’écran. Robert Altman n’est alors pas le premier choix de la Twentieth Century Fox, qui produit le film. D’autres noms sont avancés comme ceux de Stanley Kubrick, David Lean ou encore Arthur Penn. Mais tous vont refuser. Lorsque Robert Altman arrive enfin sur le projet, reste à se poser la question du casting. Le cinéaste insiste pour travailler avec des acteurs peu connus. C’est ainsi qu’il se retrouve à diriger les futures stars Donald Sutherland, Tom Skeritt, Robert Duvall et Elliott Gould. Pour le rôle de ce dernier, le réalisateur souhaitait toutefois une vedette en la personne de Burt Reynolds, mais ce dernier a finalement décliné la proposition.

Une œuvre culte et désopilante

Dès sa projection cannoise, M.A.S.H. devient un classique du septième art. Rien qu’en France, 3 647 656 spectateurs se passionnent pour les aventures de ces énergumènes et leurs escapades sexuelles, avec la cultissime infirmière Margaret O’Houlihan, également surnommée « Lèvres en feu ». Le film de Robert Altman repartira, outre la Palme d’Or, avec l’Oscar du meilleur scénario adapté ainsi que les Golden Globes de la meilleure comédie et de la meilleure musique du film. Succès aussi bien critique que public, M.A.S.H. donnera naissance par la suite à deux séries télévisées : l’une intitulée également M.A.S.H. en 1972 et l'autre baptisé After M.A.S.H en 1982.

Régulièrement citée comme « la seule Palme d’Or comique », M.A.S.H. fait figure d’exception dans l’histoire du festival de Cannes. Avant son sacre, seule la comédie italienne Ces messieurs-dames de Pietro Germi en 1966 (ex-æquo avec Un homme et une femme de Claude Lelouch) pouvait se targuer d’avoir conjugué rires et récompense suprême. Cannes, festival sérieux, semble avoir un peu de mal à se dérider. Qui sait, peut-être qu’en 2018, la Palme d’Or suscitera des éclats de rire ? Réponse le 19 mai.

Crédit photo : 2011 Silver Screen Collection

Publié le Mardi 29 mai 2018.
Antoine Le Fur
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