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1960 : La Dolce Vita ou la renaissance de Marcello Mastroianni

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De tous les films lauréats de la Palme d’Or, La Dolce Vita de Federico Fellini est assurément l’un des plus cultes. Cinquante-huit ans après son sacre cannois, l’œuvre du réalisateur italien continue de fasciner la jeune génération de cinéastes transalpins, à l’image de Paolo Sorrentino dont sa Grande Bellezza reprenait les codes et la thématique. Si le film avait divisé le public lors de sa présentation, s’attirant aussi bien les foudres des conservateurs que de la presse de gauche, le jury de cette année-là, présidé par l’écrivain Georges Simenon, n’a pas vu les choses de la même manière et lui a donc remis la Palme d’Or, à l’unanimité. La Dolce Vita était rentrée dans l'histoire du septième art, marquant par la même occasion, un tournant dans la carrière de Marcello Mastroianni.

On l’oublie peut-être mais, avant ce film, l’acteur italien avait déjà une certaine expérience derrière lui. Après des débuts au cinéma à la fin des années 1940, c’est surtout au théâtre que le comédien se fait remarquer en travaillant notamment sous la direction de Luchino Visconti, qui le dirigera ensuite en 1957 dans Nuits blanches. Pour ce rôle, Marcello Mastroianni obtiendra d’ailleurs le Ruban d’argent du meilleur acteur, en Italie. Lorsqu’il arrive sur le tournage de La Dolce Vita en 1959, il n’est donc plus vraiment un inconnu. Si, au départ, d’autres comédiens étaient envisagés tels que Paul Newman ou Gérard Philippe, c’est finalement l’acteur transalpin qui décroche le rôle de Marcello Rubini, journaliste people dans une Rome décadente. Avec ce personnage de séducteur dilettante, enchaînant inlassablement les conquêtes féminines, le comédien se taille une réputation de « latin lover », qui lui collera à la peau jusqu’à la fin de sa vie et avec laquelle jouera également Federico Fellini, lors de leurs collaboration suivantes.

Mastroianni, l’alter ego de Fellini

Devenu une star internationale grâce à Federico Fellini, Marcello Mastroianni tournera par la suite à quatre reprises avec celui qui fut tout aussi bien son mentor que son alter ego cinématographique. Le tandem se reformera ainsi pour Huit et demi (1963), La Cité des femmes (1980), Ginger et Fred (1985) et Intervista (1987). De cette collaboration, sans doute l’une des plus fructueuses de l’histoire du cinéma, Jean-Antoine Gili remarque, dans son ouvrage Marcello Mastroianni (Editions de la Martiniere, 2016) : « D’une certaine façon, l’image de Marcello Mastroianni se confond avec celle de Federico Fellini. Le premier apparaît comme la créature du second, sa réplique fantasmée. »

Même si la carrière de Marcello Mastroianni, après La Dolce Vita, fut marquée par une volonté de la part de l’acteur de casser cette image de séducteur, en jouant notamment un homme impuissant dans Le Bel Antonio de Mauro Bolognini ou un homosexuel dans Une Journée Particulière d’Ettore Scola, cette image de « latin lover » continuera de le poursuivre. Si l’élégance italienne devait se résumer à un comédien, il y a fort à parier que ce dernier se nommerait Marcello Mastroianni !

Crédit photo : Pathé Distribution

Publié le Jeudi 17 mai 2018.
Antoine Le Fur
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