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Vestige, le documentaire sensoriel et émouvant à la Galerie Cinéma

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C’est un film qui avait déjà fait son petit effet dans les différents festivals où il fut présenté. Vestige, documentaire en réalité virtuelle, réalisé par le cinéaste spécialisé en VR Aaron Bradbury, est à découvrir depuis le mois d’avril à Paris, à la Galerie Cinéma Anne-Dominique Toussaint. Derrière ce titre énigmatique se cache un court-métrage entraînant le spectateur aux confins de la mémoire d’une femme, Lisa Elin. Cette dernière a perdu son mari, Erik, en novembre 2016. Six mois après le décès de ce dernier, Lisa Elin a rencontré Aaron Bradbury. Tous deux ont échangé pendant plusieurs mois, et de ces entretiens est finalement né Vestige, court-métrage en réalité virtuelle, que produisent conjointement NSC Creative, Kaleidoscope et Atlas V, trois sociétés spécialisées dans les projets en VR. Trois bonnes fées penchées autour du berceau d’un film, qui réussit à dépasser le cadre sommaire de l’attraction en réalité virtuelle, pour devenir un véritable objet de cinéma où l’émotion ne cesse d’affleurer.

Car Vestige aborde de manière frontale la question du deuil. D’une durée de douze minutes, il donne à écouter un enregistrement audio, provenant des différents échanges téléphoniques entre Lisa Elin et Aaron Bradbury. Dans la version française, telle qu’elle est actuellement présentée à la Galerie Cinéma, la voix off que le spectateur entend n’est autre que celle de l’actrice Marion Cotillard. Mais cela n’est pas en soi la donnée la plus importante. Si Vestige est une expérience sonore, c’est également et surtout une expérience visuelle, offrant aux visiteurs un florilège de couleurs et d’images qui laissent sans voix. Afin de voyager à travers l’esprit de Lisa se souvenant de son amour disparu, Aaron Bradbury a utilisé une capture multi-narrative et volumétrique. Malgré un fond noir, le spectateur peut arriver à distinguer des fragments colorés, venant traduire les multiples souvenirs de la narratrice. Ces différents jeux de lumière évoluent au fil du film jusqu’au point culminant de la mort d’Erik, qui se matérialise par une sorte de feu d’artifice. Autant d’images fortes qui ne laisseront pas insensibles les différents spectateurs.

Quand la VR s’implante à la Galerie Cinéma

Explorant la question du deuil et les mécanismes complexes de la mémoire, Vestige s’impose comme une expérience à la fois universelle et, en même temps, assez personnelle. Chaque utilisateur a sa propre manière de réagir face à ce film qui ne laisse pas indifférents ceux qui sortent de cette expérience. Pour certains, le court-métrage a des vertus thérapeutiques. D’autres, quant à eux, reconnaîtront avoir vécu un moment positif et la sensation d’une belle expérience humaine. Prendre soin de ses souvenirs et se souvenir, telles sont les deux données fondamentales du projet d’Aaron Bradbury. Il suffit, pour s’en rendre compte, de jeter un œil au dossier de presse américain, à l’occasion de la présentation mondiale du film lors du festival de Tribeca en 2018. On y retrouve deux citations de grands écrivains français, Marcel Proust et Guy de Maupassant. Quand le premier déclare : « Se souvenir des choses du passé n’est pas nécessairement le souvenir des choses telles qu’elles étaient », le second note : « Notre mémoire est un monde plus parfait que l’univers : elle redonne vie à ceux qui n’existent plus ». Deux phrases à méditer et rentrant en complète adéquation avec le projet même de Vestige.

À l’instar du film d’Aaron Bradbury, d’autres œuvres en réalité virtuelle sont également présentées depuis plusieurs semaines dans l’enceinte de la Galerie Cinéma. C’est en effet au sous-sol de ce lieu désormais incontournable de l’art et du cinéma que se trouve le Studio VR. Ce nouvel espace, entièrement dédié aux productions en réalité virtuelle, accueille également deux autres films proposés au même format. Il y a Sphères, le voyage cosmique de la réalisatrice Eliza McNitt ainsi que Notes on Blindness, court-métrage accompagnant le documentaire éponyme de James Spinney et Peter Middleton. Deux autres oeuvres aussi riches et interactives que Vestige, et qui ne manqueront pas de séduire les cinéphiles et autres amateurs de nouvelles technologies. Pour ceux qui n’auraient pas encore testé l’expérience d’un film en réalité virtuelle, c’est l’occasion !

Plus d'informations sur l'événement : ICI

Vestige d'Aaron Bradbury à la Galerie Cinéma Anne-Dominique Toussaint

Ouverture du mardi au samedi, de 11h à 19h. Fermeture le dimanche et le lundi.

Tarifs : Expérience découverte 15 minutes - 10 euros, au choix Vestige ou Sphères (1 chapitre) ; Expérience complète 45 minutes - 25 euros, au choix Sphères (3 chapitres) ou Vestige + Sphères (1 chapitre) + Notes On Blindness

Crédit photo : Vestige - Aaron Bradbury

Publié le Mardi 14 mai 2019.
Antoine Le Fur

26 Rue Saint-Claude 75003 Paris

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