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Rétrospective Hou Hsiao-hsien à la Cinémathèque française

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La riche filmographie du réalisateur taïwanais sera mise à l’honneur à la Cinémathèque à partir du 2 mars 2016, à l’occasion de la sortie de son dernier film The Assassin récompensé unanimement par la palme de la mise en scène lors du Festival de Cannes 2015. The Assassin sera projeté en avant-première en salle Henri Langlois le 17 février en présence de Hou Hsiao-hsien.

À la tête de la Cinémathèque française depuis le 1er février, l’ancien patron des Inrocks Frédéric Bonnaud juge cette rétrospective nécessaire : "Il faut la faire : l’édition DVD est incomplète, les films peu accessibles et Les Fleurs de Shanghai, il vaut mieux les voir en salle Henri Langlois que sur YouTube !". L’occasion de mieux connaître ce réalisateur complexe devenu un modèle pour la jeune génération de cinéastes chinois, à travers ses plus grands films comme Millenium Mambo, Les Fleurs de Shanghai, Un Temps pour Vivre, un Temps pour Mourir.

De la rue au grand écran

Né à Canton dans le sud de la Chine en 1947, l’existence de Hou Hsiao-hsien est marquée par les remous politiques et sociaux connus par le pays.

Durant son enfance s’affrontent les nationalistes du Kuomintang et les communistes dirigés par Mao Zedong, obligeant sa famille à partir vivre à Taïwan. 

Il vit adolescence de "mauvais garçon", le service militaire, puis il s’intéresse de près au cinéma et intègre finalement comme scénariste la Central Motion Picture Corporation alors gérée par le Kuomintang. Il y fréquente des réalisateurs connus et finit par tourner ses propres long métrages qui font un tabac à Taïwan mais manquent encore d’identité : Cute Girl en 1980, Cheerful Wind en 1981, Green Grass of Home en 1982. 

La Nouvelle Vague taïwanaise

La carrière de réalisateur de Hou Hsiao-hsien prend un virage radical lorsqu’il rencontre dans les années 80 la romancière Chu Tien-wen dont il fera sa scénariste attitrée, et cela jusqu’au scénario de The Assassin

Autour d’elle gravitent des artistes, des cinéastes, qui inspireront la création du film-manifeste de cette Nouvelle Vague L’Homme Sandwich en 1983. Il est composé en plusieurs parties ; celle qui a été réalisée par Hou Hsiao-hsien est La Grande poupée du fils, où il est question d’un jeune marié qui accepte un emploi d'homme-sandwich pour subvenir aux besoins de sa famille.

Vont suivre quatre films autobiographiques, dont Les Garçons de Fengkuei, gagnant de la Montgolfière d’Or du Festival des Trois Continents de Nantes en 1983.

Aux confins de l'Orient

Les intrigues de ses grands films ne sont pas faciles à résumer car elles sont ponctuées par des mises en scène raffinées et des références historiques utilisées comme contextes. Hou Hsiao-hsien entretient un rapport particulier avec l’art de l’éclairage dans ses films et se sert de la lumière comme d’un élément révélateur.

Ainsi dans Millenium Mambo, les néons agressifs du bar reflètent la superficialité et la froideur de la vie urbaine de TaïpeÏ. Il oppose ce spectacle à celui des campagnes baignées de lumière naturelle, embellie par le grand chef opérateur Mark Lee Ping-Bing.

On le compare volontiers au réalisateur japonais Yasujiro Ozu, concernant leur traitement commun des thèmes des tensions entre parents et enfants, tradition et modernité. 

Outre l’histoire des personnages, ses films présentent les difficultés de la rupture entre la Chine et Taïwan. The Assassin nous emmène en pleine période médiévale, mais Hou Hsiao-hsien a aussi traité les périodes de conflits sino-japonais de la fin du XIXème siècle jusqu’à la défaite du Japon en 1945 dans Le Maître des Marionnettes en 1993, ou encore la guerre civile chinoise dans Good Men, Good Women en 1995.

 The Assassin

Avec sa dernière oeuvre, le maître taïwanais s’inscrit dans la tradition du wu xia pian, c’est-à-dire du film dit "de sabre chinois" ou "de chevalier errant" inspiré du genre littéraire du wuxia qui développe les thèmes de l’opposition entre bien et mal, désir et devoir.

Le premier film du genre à avoir laissé une véritable empreinte dans le cinéma chinois fut L’incendie du monastère du lotus rouge en 1928, réalisé par la société cinématographique Mingxing. 

Le wu xia pian s’installa ensuite dans le cinéma de Hong Kong, interdit par le Kuomintang arrivé à la tête de la République de Chine en 1930. Dans les années 60 le genre connut sa meilleure période, profitant de l’influence des oeuvres d’Akira Kurosawa.

The Assassin prend place au VIIIème siècle de notre ère, sous le règne de la dynastie Tang. On y suivra la quête de Nie Yinniang, jeune femme vengeresse initiée aux arts martiaux, de retour d’exil. Pour l’incarner, le réalisateur a choisi une fois de plus son actrice fétiche Shu Qi. Les femmes assassins existaient au temps des dynasties glorieuses, mais aussi dans la Chine d’après la Révolution de 1911.

Rétrospective Hou Hsiao-hsien à la Cinémathèque française du 2 au 31 mars 2016

The Assassin sera projeté en avant-première le mercredi 17 février 2016 à 20h en salle Henri Langlois. Sortie officielle le 9 mars 2016.

Ouverture de la billetterie le 12 février

Publié le Vendredi 19 février 2016.
Marie Moussié

La Cinémathèque française

51 rue de Bercy 75012 Paris

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