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Rétrospective Festival de Cannes : scandales et controverses à la Cinémathèque française

  • Max Mon Amour

Le Festival de Cannes fête cette année sa 70e édition. L’occasion de se remémorer ses films, ses acteurs et ses tapis rouges, mais aussi… ses scandales ! Car ce grand rendez-vous du cinéma ne compte désormais plus les controverses qui ont jalonné son existence.

La Cinémathèque française propose du 26 avril au 28 mai 2017 une rétrospective consacrée à ces films accueillis avec fracas.

Le scandale peut adopter nombre de formes et ne prend pas toujours racine pour les mêmes raisons.

Il y a la controverse politique tout d’abord : à sa présentation en 1956, le nécessaire Nuit et Brouillard d’Alain Resnais offensa parce qu’il traitait sans détour de la Shoah, sujet éternellement sensible. Plus récemment, la palme d’or qu’on attribua à Michael Moore pour son documentaire Fahrenheit 9/11 fit également polémique à cause du ton délibérément biaisé du film qui démontrait l’implication supposée de Georges Bush dans les attentats du World Trade Center. 

L’indignation ne naît pas toujours du traitement d’un sujet historique douloureux, mais aussi de la gêne, du malaise qu’un film provoque. Le scandale peut être dû à ce qui est perçu comme une provocation, une atteinte à la morale. En 1997, Michael Haneke signe une première version du film Funny Games, relatant un moment de violence gratuite inouïe : la torture psychologique et physique d’une famille bourgeoise par deux jeunes gens particulièrement sadiques. Autre cinéaste contemporain maître dans l’art de perturber le spectateur, Gaspar Noé a lui aussi, en étalant sur pas moins de 25 minutes une insoutenable scène de viol (qui a valu la fermeture définitive de son lieu de tournage !), ébranlé la quiétude cannoise en 2002 avec son long-métrage Irréversible. Dans un autre registre, La Grande Bouffe de Marco Ferreri a suscité nombre de huées et  sifflements. Malgré une distribution irréprochable composée de Michel Piccoli, Philippe Noiret, Ugo Tognazzi et Marcello Mastroianni, le propos du film visant à dénoncer une bourgeoisie qui vit pour manger (et non l’inverse) ne prend pas et choque de manière quasi unanime la critique et les spectateurs.

Qu’il soit incompris ou mal compris, qu’il évoque des mœurs en désaccord avec son époque, le film dit « scandaleux » a cela de fascinant qu’il provoque la confusion chez le spectateur. Ce bouleversement, même s’il peut être perçu de manière négative, n’en est pas moins symptomatique de ce que toute personne attend de l’Art en général : l’émotion et la réflexion.

Le programme complet ici !

Infos pratiques

Cannes : scandales et controverses
La Cinémathèque française
51 Rue de Bercy, 75012 Paris

Plein tarif 6,50 €
Tarif réduit 5,50 €
Moins de 18 ans 4 €
Carte Ciné Famille Adultes 5 €
Carte Ciné Famille Enfants 3 €
Libre Pass Gratuit

Publié le Mardi 21 mars 2017.
Stephie Ngo

La Cinémathèque française

51 Rue de Bercy 75012 Paris

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