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Oscars : Palmarès 2016 et petite histoire des Oscars

  • Leonardo Di Caprio Oscar Academy Award Winner 2016 The Revenant Inarritu

La très attendue 88ème cérémonie des Oscars a donc eu lieu.

Sauf si vous étiez privé de tout moyen de communication avant et depuis, on ne vous apprend rien en vous annonçant que Leonardo DiCaprio a gagné son premier Oscar du Meilleur Acteur pour le film The Revenant.

Les Oscars ont toutefois réservé quelques surprises cette année.

Palmarès 2016 : Leo King of the world

Ça y est, Leonardo DiCaprio a eu son Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans The Revenant d’Inarritu, lui même sacré meilleur réalisateur. Le film remporte également le prix de la meilleure photographie. A l’occasion, Leonardo DiCaprio s’est fendu d’un discours humble et engagé, concernant l’urgence climatique mondiale. 

Grosse razzia pour George Miller qui remporte 6 Oscars techniques (meilleurs costumes, meilleurs décors, meilleurs maquillages, meilleur montage, meilleur montage sonore, meilleur mixage son) pour Mad Max : Fury Road.

Légère déception française pour le prix du meilleur film étranger qui ne revient donc pas à Mustang mais au Fils de Saul de Laszlo Nemes, son premier long métrage.

Cette intrigue poignante mettant en scène le camp d’Auschwitz-Birkenau en 44 n’est pas la seule oeuvre à portée historique à être récompensée cette année. En effet, en 2016 les Oscars prennent (à nouveau) un ton grave qui reflète l’état du monde.

Le meilleur rôle féminin est celui de Brie Larson dans Room. C’est une adaptation d’un roman d’Emma Donoghue, lui même inspiré de la terrible histoire d’Elisabeth Fritzl, enfermée et violée par son propre père dans la cave de leur maison durant 24 ans.

La performance de l’actrice de 26 ans dépasse l’ordinaire : elle a passé 6 mois à étudier l’impact des agressions sexuelles sur des victimes, a perdu beaucoup de poids et a dû provoquer chez elle des carences en vitamines.

A Girl in the River : The Price of Forgiveness de Sharmeen Obaid-Chinoy gagne la statuette du meilleur court-métrage documentaire. En partie produit par HBO Documentary Films, ce film américano-pakistanais raconte l’histoire d’une jeune fille qui survit à un crime d’honneur perpétré par des habitants de son village.

Au Pakistan, le crime d’honneur est appelé karo-kari. Un homme qualifié de "karo" et une femme qualifiée de "kari "sont accusés d’actes "immoraux" et les membres de leur famille ont alors le droit de les tuer pour restaurer la dignité de leur nom. Ce sont majoritairement des femmes qui sont concernées par les meurtres, souvent pour adultère.

Le meilleur film et le meilleur scénario original sont pour Spotlight de Tom McCarthy : investigation journalistique nerveuse et troublante sur les prêtres pédophiles du clergé catholique, dont les abus ont été dissimulés pendant de trop longues décennies. 

L’Oscar du meilleur court-métrage d’animation revient à Bear Story (Historia de un oso), première oeuvre chilienne qui obtienne une récompense. C’est Vice-Versa qui remporte le prix du meilleur film d’animation. 

Autres victoires :

Meilleur scénario : The Big Short 
Meilleure actrice dans un second rôle : Alicia Vikander pour The Danish Girl 
Meilleurs effets visuels : Ex Machina
Meilleur acteur dans un second rôle : Mark Rylance, pour Le Pont des espions
Meilleur documentaire : Amy
Meilleur court-métrage de fiction : Stutterer, positif et attendrissant
Meilleure musique : Ennio Morricone pour Les Huit Salopards

Les débuts de "L’Homme d'Acier"

Bien loin des messages politiques portés par les statuettes ou du parterre de célébrités qui remplissent le Dolby Theatre, les toutes premières cérémonies récompensaient les films sortis aux Etats-Unis et les professionnels du cinéma. En 1929, on récompensait même les "meilleurs intertitres" à l’heure du passage entre muet et parlant.  

C’est en 1927 que le patron de la MGM Louis Mayer fait naître l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Puis lui vient l’idée des récompenses, sous l’aspect de la maquette d’un homme nu qui plonge une épée dans une bobine de film. 

Transformée en statuette en alliage de cuivre et d’étain dorée à l’or fin, elle prend le nom d’Oscar en 1931 à cause de sa ressemblance avec l’oncle de la bibliothécaire de l’Académie. 

La première cérémonie se tient le 16 mai 1929 à l’Hollywood Roosevelt Hotel, sous la forme d’un banquet réunisssant 270 personnes. Douglas Fairbanks préside, et remet au bout de 10 minutes la  toute première "Statue du mérite" à William A.Wellman pour le film muet Les Ailes. Lui succèdera seulement, en qualité de film muet, The Artist en 2012.

En 1930, la cérémonie ressemblait à ça. Un rideau, deux-trois apparitions, moins de 10 minutes. Ici sont récompensés un dinosaure du cinéma, Carl Laemmle, producteur et fondateur d’Universal Studios et l’actrice canadienne Norma Shearer.

 

"He has no genitalia and he's holding a sword" (Dustin Hoffman)

A l’image de DiCaprio et son discours sur le climat, la cérémonie des Oscars a souvent été le théâtre de revendications. Elle fait même office de fil rouge de l’histoire du 20ème siècle, et traduit aussi les mésententes existantes entre les travailleurs du cinéma.

En 1936, le scénariste Dudley Nichols refuse l’Oscar de la meilleure adaptation pour Le Mouchard à cause d’une dispute entre l’Academy et le Syndicat des scénaristes. En 71, l’acteur George C. Scott refuse l’Oscar pour Patton, qualifiant la cérémonie de "satané défilé de viande". 

En 1973, Marlon Brando envoie sur scène une jeune amérindienne pour refuser le prix du Parrain à sa place. A eux deux, ils dénoncent les traitements infligés aux peuples indiens et leurs rôles réducteurs dans les films.

La polémique de cette année concernant les "Oscars trop blancs" était déjà vive en 2012, quand le Los Angeles Times publiait une étude selon laquelle 94% des votants de l’AMPAS sont blancs (pour 2% de Noirs et 2% d’Hispaniques), que 77% d’entre eux sont des hommes, et 54% ont plus de 60 ans. Depuis, des mesures ont été prises pour rééquilibrer ces quotas. 

Cependant, et depuis 2013, la directrice marketing Cheryl Boone Isaacs préside l’Académie. Elle est la troisième femme Afro-Américaine qui y accède, après Bette Davis et Fay Kanin.

Autre source de protestation, la confrontation des performances et la compétition elle même. Pour Matt Damon, il est difficile de juger la qualité d’un film un an après sa sortie et préfère ainsi prendre un recul de 10 ans quant à ces considérations car "les Oscars trompent plus souvent qu’ils n’ont raison".

Certains, comme Katharine Hepburn ou Woody Allen, ne jouent carrément pas le jeu et n'ont jamais été chercher leurs statuettes.

Kramer Vs Kramer Hoffman Award 79

Dans son discours de gagnant de l’Oscar du meilleur acteur pour Kramer vs. Kramer en 1979, Dustin Hoffman dénonce le manque d’importance donnée aux métiers de la technique du cinéma. Il refuse également d’admettre que son travail mérite mieux que celui d’autres nominés comme Robert Duvall. Mais repart avec la statuette, en précisant bien qu'il partage sa victoire avec tout le staff derrière lui.

Si l'on ne connaît pas encore les oeuvres qui seront au palmarès l'an prochain, après tant de tradition nous sommes tout de même prêts à parier que certains discours resteront encore dans l'histoire.

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Publié le Lundi 29 février 2016.
Marie Moussié
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