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Les oeuvres d'Agnès Varda s'exposent à Chaumont-sur-loire

  • Chaumont 590

Ce fut, à n’en pas douter, l’une des plus grandes cinéastes françaises. Réalisatrice de films de fiction (Cléo de 5 à 7, Sans toit ni loi…) mais également de documentaires (Les Plages d’Agnès, Visages, Villages…), Agnès Varda est décédée dans la nuit du 29 au 30 mars dernier, à l’âge de 90 ans. Ironie du sort, celle qui avait toujours gardé son âme de jeune fille malgré les années, fourmillait de projets. Après la présentation de son documentaire Varda par Agnès (coréalisé avec Didier Rouget) lors de la dernière Berlinale en février, celle qui était également plasticienne devait présenter trois de ses créations au domaine régional de Chaumont-sur-Loire (Loir-et-Cher), à l’occasion de l’événement Saison d’art 2019, du 30 mars au 3 novembre. Le destin en a décidé autrement puisque la cinéaste est décédée la veille de l’inauguration. Un coup du sort n’ayant toutefois pas empêché les visiteurs présents de lui rendre un bel hommage, puisqu’en lieu et place d’une minute de silence en sa mémoire, ces derniers lui ont, au contraire, fait l’honneur de soixante secondes d’applaudissements. Une célébration sortant des sentiers battus, à l’image de la personnalité et de la carrière de cette grande dame du septième art.

Les différentes œuvres d’Agnès Varda sont exposées sous le nom « Trois pièces sur cour : La Serre du Bonheur, À deux mains et L’Arbre de Nini ». Trois installations venant refléter sa passion pour la culture et notamment pour les domaines du cinéma, de la sculpture ainsi que de la photographie. À noter que seule La Serre du Bonheur (photo) ne fait pas office de création originale, puisque la cinéaste l’avait déjà présentée en 2018, lors d’une exposition à la Galerie Nathalie Obadia. Pour ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de venir voir cette drôle de structure, mélangeant pellicules de film et tournesols, l’exposition à Chaumont-sur-Loire est à ne pas manquer. Cette cabane atypique est composée avec une copie entière de son film Le Bonheur, datant de 1964. En tout, 2159 mètres de négatifs venant figurer les parois et le toit de cette serre, à l’intérieur de laquelle les visiteurs peuvent aller et venir au milieu de plusieurs tournesols entreposés. L’idée de départ de cette Serre du Bonheur est de nature écologique. Plutôt que de jeter des mètres de négatifs dont les salles de cinéma ne voudraient pas, Agnès Varda a entrepris de les recycler en construisant une cabane. Un pari artistique et architectural audacieux, qui ne manquera pas de séduire les nombreux admirateurs de la cinéaste.

Ode à l’amour et à la nature

Si La Serre du Bonheur est précédemment passée par la Galerie Nathalie Obadia, les deux autres installations dévoilées à Chaumont-sur-Loire sont complètement inédites. Il y a tout d’abord À deux mains, série de photographies où, comme son nom l’indique, Agnès Varda a photographié plusieurs mains enlacées. Des mains de couples, avec en fond la toile cirée de la table de sa cuisine. Chaque tirage est entouré d’une guirlande de pommes de terre (le légume préféré de la cinéaste), en forme de cœur. À noter que parmi les différentes photographies, on retrouve également les mains de sa fille, Rosalie, et du mari de cette dernière. La troisième œuvre présentée, L’Arbre de Nini, est un hommage d’Agnès Varda à sa chatte Nini, qui avait pris l’habitude de s’installer sur un ancien épicéa de sa maison de la rue Daguerre à Paris, afin de profiter de la vue. L’installation est une imitation de l’arbre, avec les racines venant le prolonger. Au sommet, on retrouve le petit félin, posant de manière impériale.

Les différentes installations d’Agnès Varda sont à retrouver à Chaumont-sur-Loire jusqu’au 3 novembre, en même temps que celles de onze autres artistes. Mais il n’est pas uniquement question de la réalisatrice dans le milieu de l’art contemporain. Agnès Varda, c’est aussi et avant tout le cinéma, et pour lui rendre hommage, le Festival de Cannes l’a mise à l’honneur sur l’affiche de sa nouvelle édition. Il s’agit d’une photographie de tournage, prise sur le plateau de son premier film, La Pointe courte, réalisé en 1955 à Sète. Une ville qui avait une place particulière dans son cœur, et qui n’a d’ailleurs pas manqué de lui rendre hommage, en diffusant l’ensemble de ses films, le 2 avril dernier. Preuve que malgré sa récente disparition, Agnès Varda est plus actuelle que jamais.

Plus d'informations sur l'événement : ICI

Trois pièces sur cour : La Serre du Bonheur, À deux mains, L'Arbre de Nini, du 30 mars au 3 novembre au Domaine régional de Chaumont-sur-Loire.

Ouvert tous les jours, de 10h à 19h30.

Crédit photo : Eric Sander

Publié le Lundi 22 avril 2019.
Antoine Le Fur

Rue des Arguillons 41150 Chaumont-sur-Loire

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