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Le film noir se célèbre à la Maison Européenne de la Photographie

  • Mep 590

C’est un genre cinématographique qui n’en finit pas de fasciner. Le film noir, quoique un peu désuet, continue de séduire. Avec ces ruelles sombres, ces personnages de détectives et de femmes fatales, il s’est imposé au fil du temps comme une catégorie à part entière du septième art. Qui dit films noirs dit œuvres d’Howard Hawks (Scarface) ou de John Huston (Le Faucon maltais), dans lesquels on risque bien de croiser la mine patibulaire d’Humphrey Bogart et de son légendaire imperméable. Même si l’âge d’or du film noir correspond plus ou moins aux années 1940, certains longs-métrages plus proches de nous ont contribué à revisiter ce genre mythique. Parmi les plus célèbres d’entre eux, citons notamment Les Incorruptibles (Brian De Palma, 1986), L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1997) ou encore Le Dahlia Noir (Brian De Palma encore, 2006). En 2019, le film noir n’a pas dit son dernier mot. S’il se fait plus rare sur grand écran, il trouve toutefois sa place sur d’autres supports artistiques, à l’image de la photographie. Bonne nouvelle pour les amateurs du genre, la Maison Européenne de la Photographie lui rend hommage en grande pompe, à travers deux expositions (Fil Noir et Henry Wessel, A Dark Thread), du 5 juin au 20 août.

Pour découvrir Fil Noir, il faut monter au dernier étage de la MEP. Toutes les œuvres présentées proviennent des archives de l’institution, et ont en commun de faire dialoguer l’univers de la photographie avec celui du cinéma. Parmi les artistes représentés, on retrouve des noms illustres tels que ceux de Larry Clark, Robert Doisneau, Diane Arbus ou encore Nan Goldin. Ces différents photographes ont notamment été influencés par l’univers de Weegee. Derrière ce nom énigmatique se cache Arthur Fellig, un paparazzi américain des années 1930 qui s’était fait un nom en immortalisant les nombreux excès et dérives nocturnes de New York. Au fur et à mesure du parcours de l’exposition, les visiteurs découvrent plusieurs courants et thématiques. Il y a le réalisme poétique avec les tirages de Brassaï et Sabine Weiss, le road movie que l’on retrouve dans les clichés de Robert Frank mais aussi la Street Photography avec les œuvres de Lee Friedlander, Saul Leiter ou Garry Winogrand. Un programme des plus alléchants pour une exposition forcément très noire !

Henry Wessel sur le devant de la scène

L’exposition Fil Noir fait écho à l’autre événement majeur de cet été que propose la MEP : l’exposition Henry Wessel, A Dark Thread. Photographe américain disparu en septembre 2018, ce dernier était un grand amateur de films noirs. Trois séries photographiques de l’artiste sont exposées. Il y a tout d’abord Incidents, qui regroupe 27 photos prises entre 1969 et 2009, et qui s’attache à saisir le quotidien dans ce qu’il peut avoir de plus étrange. Vient ensuite Sunset Park, compilation de prises de vues nocturnes, permettant aux visiteurs de s’imprégner de l’ambiance sensuelle et intrigante des nuits californiennes. Enfin, la troisième série de l’exposition, A Dark Thread, est le résultat d’un projet sur lequel Henry Wessel avait commencé à travailler peu de temps avant sa mort. Ce dernier avait demandé à plusieurs écrivains tels qu’Ivy Pachoda ou Alexander MaLeod de rédiger des nouvelles inspirées du genre du film noir, pour accompagner certaines de ses photographies. Les différents textes sont consultables sur place et contribuent à donner vie au story board élaboré par Henry Wessel, dans lequel on retrouve son intérêt pour les femmes dénudées, les motels de passage ou les grandes étendues des plaines américaines.

Il s’agit de la toute première rétrospective française consacrée à Henry Wessel. En France, son nom demeure plutôt confidentiel. La Maison Européenne de la Photographie a donc décidé de rectifier le tir au travers d’une exposition célébrant comme il se doit l’univers angoissant et esthétique de l’artiste. Connu par les amateurs de photographie pour avoir participé à la grande exposition de 1975 New Topographics : Photographs of a Man – Robert Landscape aux côtés de grands noms tels que Lewis Baltz ou Robert Adams, Henry Wessel sera sûrement davantage connu au terme de cet été qui s’annonce très cinématographique et surtout, très noir !

En savoir plus sur l'événement : ICI

Fil Noir, du 5 juin au 25 août 2019

Henry Wessel, A Dark Thread, du 5 juin au 25 août 2019

Crédit photo : Henry Wessel

Publié le Vendredi 21 juin 2019.
Antoine Le Fur

5/7 Rue de Fourcy 75004 Paris

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