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L'ultime chef d'oeuvre d'Orson Welles arrive enfin sur les écrans.

  • Orson Welles

« Bientôt en salle : le dernier film d'Orson Welles » titrait récemment à la Une l'édition internationale du New York Times. The Other Side of the Wind, célèbre film inachevé du réalisateur américain mort en 1985, pourrait en effet sortir en 2015, après plusieurs décennies de bataille juridique, à l’occasion de l’anniversaire du maître qui aurait eu 100 ans le 6 mai prochain. On doit ce tour de force à Royal Road Entertainment, une jeune boite de production californienne, qui se charge d’achever le montage non abouti de l’œuvre après avoir réussi à réconcilier les ayants droits et détenteurs des bobines du film, dont seulement 42 minutes avaient été montées par Orson Welles avant sa mort. Si le génial metteur en scène avait laissé des instructions très précises pour terminer son travail, la tâche n’en reste pas moins ambitieuse et attendue car les rares privilégiés et spécialistes à avoir vu une quarantaine de minutes de pellicule déjà montées sont unanimes à affirmer qu’il s’agit certainement du meilleur Orson Welles. « Les spectateurs vont être très surpris par le style narratif, qui mêle plusieurs genres, y compris érotique », déclarait  à Berlin, Jens Koethner Kaul, qui, dès 2008, fut à l'origine du projet de finalisation du long-métrage. Presque autobiographique, The Other Side of The Wind raconte l'histoire d'un cinéaste déclinant appelé Jake Hannaford. Interprété par John Huston, ce personnage est un réalisateur qui n'arrive pas à finir ses films et se sent dépasser par la génération montante. Il tente un dernier coup d'éclat en réalisant une oeuvre audacieuse intitulée The Other Side of the Wind, à forte charge sexuelle et plutôt violente… On croise dans le casting Dennis Hopper, John Huston et même Claude Chabrol. Tourné en partie en noir et blanc, en partie en couleur, il mêle des pellicules 8, 16 et 35 millimètres. Ce patchwork complexe fera travailler Welles jusqu'à sa mort, multipliant des montages dont il n'était jamais satisfait. Une raison de plus pour déjà féliciter Royal Road Entertainment d’avoir au moins eu le courage d’oser relever ce défi.

Publié le Vendredi 21 novembre 2014.
Beatrice Billon
Dennis Hopper, John Huston, Cinéma, Paris, Film, The other side of the wind, Orson Welles, Royal Road Entertainment, Jens Koethner Kaul, Claude Chabrol, Festival de Cannes
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