Accueil > Autour du cinéma > Culture > La Mairie de Paris et la Cinémathèque célèbrent le cinéma arc-en-ciel

La Mairie de Paris et la Cinémathèque célèbrent le cinéma arc-en-ciel

  • Divine 590

C’est un événement qui a marqué, tant sur les volets politiques que culturels, l’histoire du XXème siècle. En juin 1969, les émeutes de Stonewall se sont déroulées à New York. Derrière cet épisode fondateur pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles se cache, ni plus ni moins, que la naissance de ce que l’on nomme aujourd’hui le mouvement LGBTQ (Lesbienne Gay Bi Trans Queer). Afin de commémorer le cinquantenaire de cet événement, la Mairie de Paris s’est associée à la Cinémathèque Française afin de proposer l’exposition Champs d’Amours, 100 ans de cinéma arc-en-ciel, qui se tiendra dans la Salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville, du 25 juin au 28 septembre. Comme son nom l’indique si bien, il sera question de la représentation des communautés gays, lesbiennes ou transgenres à travers un siècle de cinéma. Une manifestation à la fois politique et culturelle qui, cerise sur le gâteau, est entièrement gratuite.

Coordonnée par cinq commissaires (Alain Burosse, Jean-Baptiste Erreca, Laurent Bocahut, Michèle Collery et Didier Roth-Bettoni), l’exposition proposera au public un éclairage ludique et documenté sur le milieu LGBTQ. Au programme, ce sont plus d’une centaine d’extraits de films mais aussi des documents d’archives, affiches de longs-métrages, photographies, scénarios qui seront présentés. À noter que plus de la moitié de ces œuvres proviennent des collections de la Cinémathèque Française. Parmi les films ayant mis un coup de projecteur sur les luttes homosexuelles et que Champs d’Amours met en avant, on retrouve des œuvres fondatrices telles que Autre que les autres de Richard Oswald, qui abordait déjà la question au temps du cinéma muet puisqu’il date de… 1919. Plus proche de nous, il y a bien évidemment les films de Patrice Chéreau (L’homme blessé, 1983), Pedro Almodovar (La Loi du désir, 1988) ou encore Virginie Despentes (Baise-moi, 2000). Signe de son importance, le mouvement LGBTQ est également représenté dans les films qui concourent pour les plus prestigieux festivals de cinéma internationaux et autres remises de prix. Il suffit de regarder l’édition 2013 du Festival de Cannes, venue récompenser la romance lesbienne La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche pendant qu’Alain Guiraudie remportait (la même année) la Queer Palm pour son Inconnu du lac. En 2017, le film Moonlight de Barry Jenkins, récit de la vie d’un adolescent homosexuel issu de la communauté afro-américaine de Miami, décrochait l’Oscar du meilleur film. Preuve, s’il en est, que le cinéma LGBTQ est depuis longtemps sorti du placard du septième art pour s’imposer comme l’une des stars du tapis rouge !

Rétrospective parallèle à la Cinémathèque

Richement documentée et illustrée, l’exposition de la Mairie de Paris propose un voyage à travers les genres du cinéma. Les visiteurs suivent un parcours, les faisant passer de la comédie au film de genre, de l’œuvre underground au drame. Afin de compléter Champs d’Amours, 100 ans de cinéma arc-en-ciel, la Cinémathèque Française propose simultanément le cycle « Libérations sexuelles, révolutions visuelles », qui se tient du 19 juin au 11 juillet. Pendant un mois, les cinéphiles pourront découvrir ou redécouvrir une trentaine de films ayant mis les communautés homosexuelles sur le devant de la scène. Des œuvres signées par certains des plus grands réalisateurs du cinéma, aussi bien français qu’international, tels que Jean Cocteau (Le Sang d’un poète, 1930), Chantal Akerman (Je, tu, il, elle, 1974), Rainer Werner Fassbinder (Le Droit du plus fort, 1974) ou Nagisa Oshima (Tabou, 1999).

Qui dit rétrospective d’envergure à la Cinémathèque dit également son lot de conférences et autres séances présentées par différents intervenants. Les cinéphiles pourront ainsi découvrir une sélection de courts-métrages, le samedi 22 juin en salle Georges Franju, que présenteront conjointement les cinéastes Laurence Rebouillon, Patricia Godal et Jean Dubrel.  Le même jour, à 19h30 et toujours en salle Georges Franju, le réalisateur Yann Gonzalez (Un Couteau dans le cœur) viendra évoquer le film Équation à un inconnu de Dietrich de Velsa, qui sera ensuite projeté. À noter que ce long-métrage de 1979 s’adresse à un public averti.

Avec ses films hauts en couleurs et portant fièrement leurs convictions politiques et esthétiques, le cinéma LGBTQ est plus que jamais incontournable. Votre été cinématographique sera donc placé sous le signe de l’arc-en-ciel ou ne sera pas !

En savoir plus sur les événements : ICI et ICI

Champs d'amour, cent ans de cinéma arc-en-ciel à l'Hôtel de Ville, du 25 juin au 28 septembre

Libérations sexuelles, révolutions visuelles, du 19 juin au 11 juillet

Crédit photo : Greg Gorman

Publié le Mardi 18 juin 2019.
Antoine Le Fur

5 Rue Lobau 75004 Paris

Les derniers articles
Funes 590
Culture Voir tous

Saint-Raphaël fête Louis de Funès avec l'ouverture d'un musée

Il aurait eu 105 ans cette année. Le 31 juillet, précisément. Pour commémorer cet anniversaire, la ville de Saint-Raphaël a donc décidé d’inaugurer un...

Matrix 590
Culture Voir tous

Matrix fête ses 20 ans avec un marathon au Grand Rex

C’est l’histoire d’un film qui a considérablement marqué le genre de la science-fiction et, plus généralement, le cinéma de la fin des années 1990. So...

Vampires 590
Culture Voir tous

Les vampires vont faire trembler la Cinémathèque

C’est une figure cinématographique par excellence. À peine était-il né que le septième art s’intéressait déjà au mythe du vampire. Surtout, un nom éta...