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L'exposition Serge Gainsbourg à la Galerie de l'Instant

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À l'occasion des 25 ans de la disparition de Serge Gainsbourg, la Galerie de l’Instant lui consacre une exposition de photographies, sélectionnées dans l'oeuvre de Tony Frank, prolongée jusqu'au 22 juin 2016.

Des photos souvent intimistes, témoignages de moments tendres en famille ou en compagnie des femmes qui l’ont connu, mettant aussi l’accent sur les traits doux du visage de celui qui se trouvait si laid.

Tony Franck, photographe des stars

Jean Laulhé, photographe français né en 1945, est plus connu sous le nom de Tony Frank. Débutant sa carrière avec l’ère yé-yé, il figure comme l’un des piliers du magazine Salut les Copains. Il a également photographié Barbara, Johnny Hallyday, James Brown, ou encore Bob Dylan… On lui doit la photo des fesses de Polnareff en 1972, ainsi que la photo de l’album Melody Nelson. Il photographie Gainsbourg dès le début des années 60, et jusqu’à la fin de sa vie. N'hésitez pas à aller faire un tour sur son site où sont répertoriées pas moins de 200 photos.

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En passant de la représentation du jeune Serge dans sa période music-hall, au Gainsbourg des années 60/70 puis Gainsbarre, l’exposition accompagne les tribulations d’un véritable touche-à-tout qui pouvait se permettre d’avoir un avis éclairé à propos de n’importe quoi. Et Gainsbourg se voulait aussi, de manière naturelle, acteur dans des films à portée pourtant mineure, compositeur de bandes sonores (plus d’une quarantaine) et réalisateur. 

Gainsbourg et le cinéma : Je t'aime moi non plus

En 1976, et après la sortie de la chanson du même nom, il écrit et réalise son premier film Je t’aime moi non plus alors interdit aux moins de 16 ans. Il le dédie à Boris Vian qu’il admire, et en compose toute la musique. On y retrouve d’ailleurs Gérard Depardieu, dans le rôle d’un paysan homosexuel…et zoophile. Evidemment, Gainsbourg ne pouvait pas se priver d’aborder des thèmes à scandale dans son oeuvre cinématographique. Le film remporte le César de la meilleure musique en 1977. Sa mise en scène des tabous se poursuit en 1983 avec la réalisation de son long métrage Equateur : le film illustre sa vision sombre du continent africain, et finit hué lors de sa projection au Festival de Cannes cette même année. Il fait aussi jouer sa fille Charlotte, 15 ans en 1986, dans Charlotte for ever, dont l’atmosphère incestueuse baignée d’alcool fort (soutenue par la chanson Lemon Incest) choque le grand public.

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Outre la volonté de briser des tabous solidement établis, il participe à la création de curiosités cinématographiques. En 1967, il compose la musique d’un des premiers téléfilms français en couleur Anna de Pierre Koralnik. Comme dans Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, les acteurs (Anna Karina, Marianne Faithfull et Jean-Claude Brialy) poussent la chansonnette, dont le titre Sous le soleil exactement rendu célèbre par le chant candide d’Anna Karina. Au passage, Gainsbourg y tient le petit rôle de l’ami de Brialy, qui lui incarne un personnage nommé Serge.

De sa passion pour l’âge d’or hollywoodien naît en 1982 un court-métrage étonnant qui reprend le Scarface d’Howard Hawks, où Tony Montana reproche à sa soeur Cesca (Jane Birkin) ses mauvaises fréquentations, alors qu’elle critique ses activités illégales. 

Les travaux solitaires de Gainsbourg font également souvent partie d’oeuvres très ambitieuses. C’est le cas de sa musique pour le film Les Plus Belles Escroqueries du Monde (1964) où jouent Catherine Deneuve et Jean Seberg. Il est composé de cinq intrigues correspondant à cinq villes : Tokyo, Amsterdam, Naples, Paris et Marrakech. À la réalisation, on trouve par exemple Roman Polanski, Claude Chabrol et Jean-Luc Godard. Gainsbourg joue même en 1972 dans un film de Jerry Lewis traitant de l’holocauste, The Day the Clown Cried. Le sujet grave et sa production difficile font qu’il ne sortira jamais et il est désormais présenté comme un "film maudit". Une semaine de tournage de ce film a été effectuée à Paris, au Cirque d’Hiver.

On retrouve ainsi dans cette exposition la trace des influences culturelles de Gainsbourg, par les lieux qu’il fréquentait comme le club Chez Régine à Saint-Germain-des-Prés, ou par son entourage proche composé d’acteurs et réalisateurs de la Nouvelle Vague. L’Homme à la tête de chou avait aussi une cervelle d’or !

Crédits photos : ©Tony Frank

Exposition Serge Gainsbourg
Jusqu'au 22 juin 2016
La Galerie de l’Instant, 46 rue de Poitou, 75003 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h et le dimanche de 14h30 à 18h30
Entrée libre

Site de La Galerie de l'Instant : ICI

Publié le Mardi 9 février 2016.
Beatrice Billon

La Galerie de l'Instant

46 rue de Poitou 75003 Paris

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