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Étoile Voltaire : un nouveau cinéma arrive à Paris

  • Cinema Etoile Voltaire Paris Cinema

Après la perte de la concession du mythique cinéma La Pagode, le groupe Étoile Cinémas rebondit en remportant le très convoité projet Cinéma Voltaire, lancé par la mairie de Paris. 

Pour rappel, le cinéma d’Art et d’Essais La Pagode a fermé ses portes le 10 novembre dernier, après une bataille juridique de 3 ans opposant le détenteur du cinéma (le groupe Etoile Cinémas) et la propriétaire de ses murs depuis 1986, Elisabeth Dauchy. Nous vous en parlions dans un article à retrouver ici.

Loin de se laisser abattre, le groupe Étoile Cinémas, qui possède aussi cinq autres cinémas en France, vient de décrocher le précieux sésame donné par la mairie de Paris pour l’ouverture d’un sixième établissement, en étant sélectionné parmi vingt-deux autres projets lauréats dans le cadre de l’opération "Réinventer Paris", ayant pour but de réhabiliter des bâtiments inutilisés dans la ville.

Le projet vainqueur porté par Étoile Cinémas se développera dans le 11ème arrondissement. Et tant mieux, car jusque là on y déplorait la seule concentration de salles obscures à Bastille. 

Viens chez moi, j’habite dans le 11ème

Ainsi, c’est l’agence de l’architecte Olivier Palatre qui reçoit la charge de faire du 14 avenue Parmentier un lieu culturel accessible pour toutes les bourses.

François Vauglin, maire PS du 11ème, avait exprimé en 2015 cette volonté de créer un espace mixte : "On ne prévoit pas un multiplexe, mais un cinéma à la programmation populaire et de qualité qui est attendu depuis des années par les habitants du 11ème".

Cédric Klapisch, qui habite le quartier, devrait également installer ses bureaux avec Jacques Audiard au sein du cinéma Étoile Voltaire en tant que membres de la Société des Réalisateurs de Films (SRF), qui a activement participé à l’élaboration du projet. 

Un budget de 8,3 millions d’euros sera consacré à la réhabilitation du bâtiment en verre et acier construit en 1908 par l’architecte Paul Friesé.

Son aspect industriel/usine-où-on-exploite-des-enfants en fait un candidat idéal : il s’agira d’en conserver la structure ancienne, d’en réaménager l’intérieur et de créer des volumes supplémentaires dont les formes aériennes contrasteront avec la lourdeur fonctionnelle. Car au départ, ce que l’on appelle la "sous-station Voltaire" était une station de distribution d’électricité. Il en existe 36 du même type à Paris, toutes construites entre 1900 et les années 1940. Ce qui laisse imaginer de possibles entreprises de réaménagement à venir.

Dans un souhait d’harmonie et de cohérence, le cinéma devra s’adapter au quartier que Klapisch apprécie pour sa mixité. 

Il combinera ainsi plusieurs espaces : cinq salles de projection dont une composée par un volume flottant qui trônera au sommet de la bâtisse, une Maison du cinéma qui abritera la Société des Réalisateurs de Films ainsi que les bureaux de la Quinzaine des Réalisateurs et du Festival de Moyen-métrage de Brive. Aussi : un hall avec des activités ou ateliers pris en charge par la Bellevilloise, et le restaurant solidaire "Cuisine mode d’emploi" à l'intiative de Thierry Marx qui a imaginé ce restaurant en 2012 pour permettre de former de jeunes cuisiniers en insertion professionnelle. Il se trouvera sur une terrasse avec jardins suspendus créés par l’atelier d’architectes-paysagistes Roberta ( les jardins verticaux devenant une sérieuse solution écologique urbaine ) avec vue sur les toits de Paris. On appréciera l’ouverture vers l’extérieur du lieu. A l’intérieur, la disposition de préfabriqués permettra une modulation de l’espace selon les évènements programmés. 

Idéologies urbaines de renaissance et de partage

Depuis quelques années, le phénomène de revalorisation de quartiers ou bâtiments à l’abandon (comme le cinéma Le Louxor) montre la volonté de garder et de transformer les vieilles institutions.

La Société des Réalisateurs de Films s’inscrit dans ce même rapport à l’art depuis sa création en 1968 : l’association compte désormais 300 réalisateurs et défend les intérêts sociaux et économiques des métiers du cinéma, ainsi que la liberté de création.

L’idée du Cinéma Etoile Voltaire rappelle la réutilisation de l’ancienne usine devenue le Point Ephémère en 2004 à la station Jaurès. On y prône ce que Gérard Miller définit comme une "géographie personnelle", c’est-à-dire la possibilité pour tous de s’approprier un lieu composite. Ce dernier est aussi acteur du projet par le biais de sa société Voltaire et Compagnie, implantée sur le boulevard du même nom.

La fin des travaux du cinéma Étoile Voltaire est prévue pour 2018 selon l’agence d’Olivier Palatre, qui a aussi entrepris la construction d’une salle de cinéma dans une péniche ("L’Etoile en Seine"). 

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Publié le Vendredi 5 février 2016.
Beatrice Billon

75011 Paris

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