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Révisez vos classiques avec Antoine Sire au Champs-Elysées Film Festival

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De Cary Grant à Robert De Niro en passant par John Wayne et Mankiewicz, le Champs-Elysées Film Festival met aussi les Classiques à l'honneur.

TCM Cinéma et Champs-Élysées Film Festival s’associent pour la deuxième année consécutive et présentent au public de grands classiques du cinéma américain en version restaurée, dont quatre seront présentés par Antoine Sire, notre « Monsieur Classiques » de Paris fait son cinéma :

Mean Streets, de Martin Scorsese (1972)

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Lorsque Martin Scorsese réalise Mean Streets, il n’a que deux films à son actif : Who’s that knocking at my door, une très bonne première oeuvre qui se déroule, déjà, dans son quartier natal de Little Italy et dans lequel joue Harvey Keitel, ainsi que Bertha Boxcar, une commande de  Roger Corman, le roi de la série B. Pour son premier film important, Scorsese nous embarque dans un fascinant voyage au cœur de l’univers de sa jeunesse. Mean Streets est autobiographique y compris à travers le personnage joué par Harvey Keitel : animé par un fort sentiment religieux, il découvrira que le monde des affaires louches n’est pas fait pour les enfants de chœur. Avant d’être visité par la passion du cinéma, Scorsese se destinait au séminaire… Mais il a toujours eu la religion du 7ème art, et Mean Streets fourmille de clins d’œil cinéphiles, notamment lorsque les personnages assistent à la projection d’un film d’épouvante anglais, où lorsque la caméra s’attarde sur les affiches lumineuses d’un cinéma qui joue Borsalino et où on aperçoit le nom de Belmondo. Le titre Mean Streets est issu d’une phrase d’un roman de Chandler : grâce au film, il est entré dans le langage américain courant pour définir les bas quartiers d’une ville. Si l’action se déroule entièrement à New-York, les rues qui ont servi de décor sont en partie celles de Los Angeles, où ont également été tournées les scènes d’intérieur. Film qui fit décoller la carrière de Scorsese, Mean Streets fut aussi décisif pour celle de Robert De Niro, dont le talent explose dans le film, et qui décrocha ainsi son rôle dans le Parrain N°2.

Présenté par Antoine Sire le 12/06 à 13h30 au Publicis Cinémas

L’homme qui tua Liberty Valance, de John Ford (1962)

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Six ans après son Western majeur, La prisonnière du désert, et deux ans avant sa lettre d’amour et d’excuses aux indiens, Les Cheyennes, deux chefs d’oeuvre au Technicolor flamboyant et aux paysages somptueux, John Ford réalise L’homme qui tua Liberty Valance, un film plus intimiste en noir et blanc, que beaucoup considèrent comme son testament. C’est vrai qu’on y trouve réunis beaucoup de thèmes chers à Ford et à l’Amérique : le crépuscule des héros, la difficile mais indispensable alliance de l’aventurier et de l’homme instruit, incarnés respectivement par John Wayne et James Stewart. Et surtout, alors que dans les années 50 plusieurs westerns ont régénéré le genre par leur quête d’authenticité historique, John Ford rappelle ici que l’Ouest sauvage est à l’Amérique ce que l’Olympe des Dieux était à la Grèce de jadis : un mythe fondateur, ciment d’une nation, dont le premier ingrédient est le merveilleux. « On est dans l'Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende » : cette phrase énoncée comme une morale à la fin du film, est la réponse de Ford à tous ceux qui veulent salir les chapeaux des cow-boys pour rendre les westerns plus authentiques. Mais L’homme qui tua Liberty Valance, c’est aussi un spectacle émouvant et divertissant, dans lequel on retrouve, outre Wayne et Stewart, le parfait méchant Lee Marvin ainsi que Vera Miles, l’une des rares actrices à avoir joué à la fois pour Ford et pour Hitchcock.

Présenté par Antoine Sire le 11/06 à 18h à l'UGC Georges V

Chaines Conjugales, de Joseph. L. Mankiewicz (1949)

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Après avoir tourné deux films avec la magnifique Gene Tierney, Mankiewicz réalise Chaînes Conjugales, une comédie dramatique dont les vedettes sont trois autres très belles actrices : Jeanne Crain, Linda Darnell et Ann Sothern. Ce  film décrit avec cruauté la vie de couple de la petite bourgeoisie américaine. Les trois femmes reçoivent une lettre d’une de leurs amies, une certaine Addie Ross qui affirme être partie avec le mari de l’une d’elles. Mais laquelle ? Il leur est impossible de le savoir immédiatement, car elles embarquent pour une manifestation charitable qui se déroule sur un bateau remontant le cours de l’Hudson, et les téléphones portables n’existent pas encore ! On ne voit jamais le visage d’Addie Ross, mais sa voix off rythme le film et ses flashbacks. Mankiewicz eut la suprême élégance de la faire enregistrer par Celeste Holm, blonde particulièrement ravissante qui joue notamment dans Le mur invisible d’Elia Kazan. Derrière les anecdotes sur la vie de couple, le cinéaste réussit une formidable charge contre le matérialisme de la vie moderne, notamment lorsqu’il met en scène Kirk Douglas, enseignant fauché mais cultivé dont l’épouse (Ann Sothern), vedette de la radio, lui impose des soirées avec ses employeurs qui ne s’intéressent qu’à l’argent. La splendide Jeanne Crain est émouvante en fille de la campagne que son joli minois a conduit à épouser un homme d’un milieu plus favorisé qu’elle, mais ce film ne serait pas ce qu’il est sans Linda Darnell, brune volcanique qui incarne la moins sophistiquée des trois femmes. La liaison de six années entre elle et Mankiewicz débuta pendant le tournage. Elle qui aimait danser sans chaussures, imagina que le cinéaste avait écrit La comtesse aux pieds nus en son honneur. Elle eut l’un des chagrins de sa vie en apprenant que Mankiewicz avait donné le rôle à Ava Gardner…

Présenté par Antoine Sire le 11/06 à 16h au Publicis Cinémas

La Mort aux Trousses, de Alfred Hitchcock (1959)

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C’est un film qui montre les Nations-Unies mais ne fut pas tourné aux Nations-Unies, où l’on peut voir une maison de Frank Lloyd Wright qui n’est pas une maison de Frank Lloyd Wright, et dont l’une des séquences majeures se déroule sur le Mont Rushmore, mais ce n’est pas le Mont Rushmore. Hitchcock, roi du tournage en studio et éternel adepte des transparences, n’était pas homme à renoncer à montrer les lieux pour lesquels il n’obtenait pas d’autorisation de tournage. Allez vous étonner, avec cela, que l’intrigue de La mort aux trousses tourne autour d’un homme qui s’appelle Roger Tornhill, enlevé par des ravisseurs qui ne sont pas ce qu’ils prétendent être et qui le prennent pour un certain George Kaplan ! Pendant le tournage, Cary Grant, alias Kaplan/Tornhill, était tellement déboussolé par les méandres de l’intrigue qu’il demandait sans cesse à Hitchcock s’il savait bien ce qu’il faisait. Mais avec ses scènes mythiques et son suspense permanent, La Mort aux trousses est bien l’un des chefs d’oeuvre de son réalisateur. Après l’avoir vu, Cary Grant se prosterna à ses pieds pour s’excuser d’avoir douté ! La mort aux trousses, c’est aussi le diabolique James Mason, très à l’aise dans l’univers tordu de Sir Alfred, et Eva Marie Saint, l’une de ces belles blondes glaciales sans lesquelles un Hitchcock n’est pas tout à fait un Hitchcock !

Présenté par Antoine Sire le 12/06 à 18h au Gaumont Champs-Elysées 

Publié le Samedi 7 juin 2014.
Beatrice Billon
Cinéma, Paris, Champs Élysées Film Festival, Antoine Sire
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