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Bertrand Tavernier reconstruit la mémoire du cinéma français classique.

  • B Tavernier Paris Cinema

Depuis qu’il a réalisé Laisser Passer, film qui raconte l’occupation et ses choix à travers le regard de plusieurs cinéastes et scénaristes, on sait que la passion de Bertrand Tavernier pour le cinéma français du milieu du XXème siècle égale son légendaire amour du cinéma américain de la même période. Il le démontre à nouveau au Festival Lumière ou il propose une sélection de films français des années 40 et 50, choisis pour leur capacité à restituer le climat de l’époque et pour la force des rôles qu’ils offrent à de grands acteurs. Mais à l’occasion de la Master Class animée par Jean Ollé-Laprune qui a eu lieu mercredi 15 octobre pendant le Festival, Bertrand Tavernier a levé un coin du voile sur un projet bien plus ambitieux dont il a présenté quelques courts extraits : celui de réaliser un documentaire pour montrer, expliquer et valoriser cette fabuleuse période du cinéma français, où les films proposaient un formidable voyage à travers le peuple et toutes ses composantes. Sa démarche est cousine de celle de Martin Scorsese, qui a tourné il y a vingt ans : Un voyage à travers le cinéma américain. Cette période, que nous aimons à Paris Fait son cinéma parce qu’elle met en valeur des univers urbains disparus, est cinématographiquement très inventive, y compris dans le domaine du film d’action ! Bertrand Tavernier a ainsi présenté à Lyon un extrait dans lequel on peut retrouver Eddie Constantine, un acteur (et chanteur) américain vivant en France qui fut une grande vedette dans les années 50, célèbre pour le personnage de Lemmy Caution qui fut récupéré par Godard dans Alphaville. Mais auparavant, Constantine avait joué dans bien d’autres aventures de Lemmy Caution, comme La môme vert de gris ou Cet homme est dangereux, et interprété d’autre rôles pour le réalisateur américain de Paris John Berry : Je suis un sentimental, Ça va barder… Autre échantillon montré par Bertrand Tavernier, un passage dans lequel il souligne le rôle important joué par les chansons dans le cinéma français classique. Ces chansons étaient souvent écrites par les réalisateurs eux même, comme dans les années 30 Quand on se promène au bord de l’eau, écrite pour Gabin par Julien Duvivier dans son film La belle équipe, ou Comme de bien entendu, écrite par Jean Boyer pour son film Circonstances atténuantes avec Arletty et Michel Simon. Les thèmes évoqués ci-dessus ne représentent que quelques minutes d’un grand film qui sera pour le cinéma français classique un extraordinaire outil de mémoire. Un travail titanesque de recherche et de réalisation, sans compter la négociation des droits des extraits de tous les films. Bravo Monsieur Tavernier !

Par Antoine Sire

 

 

Publié le Jeudi 16 octobre 2014.
Beatrice Billon
Julien Duvivier, Jean Gabin, Arletty, Un voyage à travers le cinéma américain, Lyon, Martin Scorsese, Antoine Sire, Festival Lumière, Bertrand Tavernier, Eddie Constantine
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