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5 Prix Goncourt adaptés au cinéma

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Alors que vient de sortir Au revoir là-haut, retour sur quelques uns des romans primés, ayant connu une seconde vie sur grand écran.

Depuis sa création en 1903, le Prix Goncourt s’est imposé comme la plus honorifique des décorations du paysage littéraire français. Dès la fin du mois d’août, nombreux sont les auteurs et éditeurs à se placer dans les starting-blocks pour espérer décrocher le Graal. Car obtenir le Goncourt, c’est vraiment rentrer dans la cour des grands. La reconnaissance de ses pairs, des ventes qui s’envolent… et éventuellement la promesse d'une adaptation au cinéma.

En effet, nombreux sont les romans distingués par ce prix, à avoir connu une seconde carrière par le biais du septième art. Dans certains cas, le film est même devenu aussi célèbre que le roman dont il est le prolongement. Alors que le Prix Goncourt 2017 sera remis dans quelques jours, focus sur cinq fois où un roman décoré a eu les honneurs d’une adaptation cinématographique.

Léon Morin, prêtre de Beatrix Beck (1952) / Adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville (1961)

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photo : © La Cinémathèque française

Alors que le Prix Goncourt existe depuis le début du XXème siècle, rares sont les femmes à avoir été honorées de cette décoration. Avant Beatrix Beck, seule Elsa Triolet avait eu droit à cette distinction avec Le premier accroc coûte 200 francs, en 1944. L’auteure de Léon Morin, prêtre est donc la seconde femme à recevoir le Goncourt, pour cette histoire revenant sur la rencontre entre une jeune femme athée et un curé de campagne. Un roman aussi austère que mystique, ayant aiguisé la curiosité de Jean-Pierre Melville, qui en réalisera un film quelques années plus tard avec Emmanuelle Riva et Jean-Pierre Belmondo dans les rôles titres. A noter, le roman a connu une nouvelle adaptation il y a quelques mois, avec La Confession de Nicolas Boukhrief, avec Marine Vacth et Romain Duris.

La Dentellière de Pascal Lainé (1974) / Adapté au cinéma par Claude Goretta (1977)

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Photo : © Jupiter Communication

Voici un cas de figure pour le moins intéressant puisque le film de Claude Goretta est plus connu que le Goncourt signé Pascal Lainé, dont il est l’adaptation. Pour l’anecdote, le roman ne fut sacré qu’au sixième tour de scrutin, à la suite d’une longue bataille l’ayant opposé à L’imprécateur de René-Victor Pilhes. Une victoire in extremis en quelque sorte, n’ayant toutefois pas empêché le cinéma de s’intéresser à cette histoire d’amour entre un universitaire et une shampouineuse, dans le Nord de la France. Le film de Claude Goretta sera un succès aussi bien critique que public et marquera l’un des premiers rôles d’une toute jeune actrice, une certaine Isabelle Huppert.

L’Amant de Marguerite Duras / Adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud (1992)

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photo : © Droits réservés

Figure majeure de la littérature française du XXème siècle, Marguerite Duras obtient la récompense suprême en 1984 avec L’Amant. Dans ce roman autobiographique, l’écrivaine revient sur ces jeunes années passées en Indochine et notamment sa relation amoureuse avec un Chinois d’âge mur. Aussi exotique que sulfureux, le livre n’a eu aucun mal à intéresser le petite cercle des professionnels du cinéma. Quelques années plus tard, le projet est donc mis sur les rails et c’est Jean-Jacques Annaud qui s’y attèle, avec la collaboration de Marguerite Duras elle-même. Hélas, les relations entre les deux artistes se révèleront houleuses, notamment à cause de leurs visions différentes quant à l’adaptation cinématographique de l’œuvre. Malgré tout, le film verra tout de même le jour en 1992 et rencontrera un joli succès en salles, totalisant plus de 3 millions d’entrées en France.

Syngué Sabour. Pierre de patience (2008) d’Atiq Rahimi / Adapté au cinéma par l’auteur lui-même (2013)

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photo : © Benoiît Peverelli

D’origine afghane, Atiq Rahimi écrit pour la première fois en français avec Syngué Sabour. Pierre de patience, contrairement à ses précédents romans qui étaient rédigés, eux, en persan. Bien lui en a pris puisque le romancier reçoit le Prix Goncourt pour ce huis-clos dans lequel une femme veille sur le corps supplicié de son mari, en pleine guerre d’Afghanistan. Le livre connaîtra une seconde jeunesse au cinéma quelques années plus tard. Fait assez rare pour être noté, c’est Atiq Rahimi lui-même qui en signera l’adaptation, avec Golshifteh Farahani dans le rôle titre. Pour ce film, la comédienne iranienne sera nommée au César du meilleur espoir féminin, et fera de ce fait, une entrée remarquée dans le cinéma français.

Au revoir là-haut de Pierre Lemaître (2013) / Adapté au cinéma par Albert Dupontel (2017)

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photo : @Gaumont Distribution

Souvent accusé de favoriser un certain élitisme littéraire, le jury du Goncourt a pris tout le monde de court en 2013, en sacrant Pierre Lemaître pour son roman historique Au revoir là-haut. Comme quoi, il est possible d’écrire des polars et d’être un romancier dit populaire, et remporter le plus prestigieux des prix littéraires français. Et la belle histoire ne fut pas terminée car le projet d’une adaptation au cinéma fut vite mis en chantier, avec l’iconoclaste Albert Dupontel à la réalisation. Et pour que le film soit d’une fidélité absolue au roman, Pierre Lemaître a également collaboré au scénario. La boucle est bouclée.

Publié le Jeudi 2 novembre 2017.
Antoine Le Fur
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